• Chapitre 1 - Le Bouddhisme au Japon

    Le Bouddhisme au Japon

              1 Le Bouddhisme : l'historique

    La vie du Bouddha = Gautama Siddhârta 釈迦むに(しゃかむに)

    • Né en 446 avant J.C. dans une famille royale (entre le Népal et l'Inde actuels). Mais c'était un enfant tourmenté car il se demandait pourquoi il avait tant de chance quand d'autres étaient en train de mourir de faim. En grandissant, il a épousé une femme et a eu des enfants par obligation mais était toujours en tourment.

    • 29 ans : Gautama quitte sa famille pour chercher une réponse – par le RENONCEMENT (de ses conditions aisées) – à l'énigme de l'existence humaine.

    • 35 ans : Gautama est éclairé et devient le « Bouddha » (仏陀・ぶっだ)= « celui qui a atteint la Vérité ». Il diffuse ensuite ses enseignements pendant 45 ans.

    • 80 ans : la mort paisible.

     

              2 Les enseignements du Boudda

    L'arrière-plan : le Brahmanisme (le hindou ancien)

    • Croyance en la loi de « cause - conséquence » (因果応報・いんがおうほう)

    • Croyance en la réincarnation (輪廻・りんね)

    = Constitue la base du système des castes : si on est en bas de la pyramide c'est qu'on s'est mal conduit dans la vie précédente, c'est une justification des positions. Si on a des malheurs dans la vie, on se disait qu'on payait pour la vie précédente.

     

    Le Bouddha et son illumination (悟り・さとり)

    • La vie = la souffrance

    • Pourquoi cela ? → Car il tout le monde passe par 4 étapes : Naissance – Vieillissement – Maladie – Mort (生老病死・しょう・ろう・びょう・し)dans la vie, une fois qu'on est né.

    • Quelle est la cause de cette souffrance ? = le désir (愛欲・あいよく), source d'attachement (執着・しゅうちゃく) qui nous fait souffrir lorsque cela se termine.

    • Comment se débarasser de ce désir ? = Respect des commandements – concentration / méditation – travail pour la sagesse. « かい・じょう・え ».

    Ses enseignements

    • Quatre « renoncements = vérité profonde » (四諦・したい)

      くたい Comprendre que la vie est souffrance

      じったいComprendre que la souffrance provient des désirs

      めったいComprendre qu'il faut se débarasser de tous les désirs, contrôler ses propres désirs

      どうたいComprendre qu'il faut pratiquer « かい・じょう・え »

    • Se débarasser de tous ses désirs/attachement = Karma (業・ごう)

      → Être libre de tout. Le fait de ne rien désirer nous rendra en paix avec nous-même.

      → S'échapper définitivement aux cycles de réincarnations : partir pour de bon pour ne plus revenir sur ce monde, car la vie est une souffrance. Cf « Les 6 mondes ».

      → Atteindre le nirvana 涅槃(ねはん)に入る.

    • L'Egalité : cette loi s'applique à tous, indifféremment aux castes.

     

    En résumé, les enseignements du Bouddha se caractérisent par :

    • La notion de Liberté (se détacher de tout, s'échapper de tout)

    • La notion d'Egalité

    • Une tendance « auto-centrée »

     

    Un être totalement libre comprend et peut pratiquer les enseignements du Bouddha :

    • Chacun dépend seulement de soi-même.

    • Soyez capable, droit, bon.

    • Employez le bon langage, soyez calme et humble.

    • Vivez dans la simplicité, soyez intelligent et modeste, ne prenez pas plus que ce dont vous avez besoin.

    • Ne faites pas des choses basses ; ayez la compassion envers tous les être vivants.

    • Souhaitez le bonheur à toutes choses et à tout le monde.

    • Ayez de l'affection comme une mère en a pour son enfant.

    • Ayez de la compassion et de l'amour envers tous, sans rancoeur, sans hostilité.

       慈しみ (いつくしみ); 慈悲 (じひ)

     

    Les 5 commandements / préceptes

    • Ne pas tuer

    • Ne pas voler

    • Ne pas avoir de conduites sexuelles incorrectes

    • Ne pas mentir

    • Ne pas boire (d'alcool)

    → Très répandus, ils ne font pas partie des enseignements initiaux...

     

              3 L'évolution du Bouddhisme : le Grand Véhicule (Mahâyâna) et le Petit Véhicule (Hînayâna ou Theravâda).

    En devenant une religion, plusieurs siècles plus tard le Bouddhisme se transforme. Il s'adapte aux situations et besoins nouveaux des époques.

    • Vers le 1er siècle après J.C. : naissance d'une nouvelle école du Bouddhisme = le Bouddhisme du « Grand Véhicule ».

    • Du Petit Véhicule 小乗仏教(しょうじょうぶっっきょう) :

      Fidèle aux enseignements initiaux du Bouddha.

      → se couper du monde et méditer pour chercher l'illumination.

    • Du Grand Véhicule 大乗仏教(だいじょうぶっきょう) :

      Sort de ses montagnes pour sauver les gens.

      → invention de la notion de « Vacuité » (空・くう)

    Notion de vacuité : Désirs / attachement aux choses ; mais s'efforcer obstinément de renier les désirs, c'est l'attachement au néant. Être libre de ces deux attachements = vacuité (être vide).

    Sutra :

    色即是空(しき・そく・ぜ・くう)空即是色(くう・そく・ぜ・しき)
    = le monde dans lequel on vit, on pense ; les choses qu'on peut toucher/voir/sentir.
    = immédiatement, ou tout simplement
    = un peu comme です
    = vacuité

    色即是空
    → « Shiki est tout simplement Kuu » → « Le monde est tout simplement la vacuité ».
    Le monde est-il réel ? Le bouddhisme propose qu'on s'interroge dessus par rapport à l'évidence.
    Rien n'est permanent, tout ce qu'on croit avoir va disparaître. Ce monde est quelque chose d'éphémère, et si on a vraiment compris ça : rien n'est réel.
    Ceci est l'essence même de l'enseignement du bouddhisme.

    空即是色
    → « Kuu est tout simplement Shiki » → « La vacuité est tout simplement le monde/la vie ».
    Dans un premier temps, on va se dire que le monde dans lequel on vit n'a rien de réel et ne vaut pas qu'on s'y attache. Mais si on a compris ça, on peut basculer les choses en se disant que si cette vie est une illusion, quelque chose de vide (la vacuité), alors on a rien à perdre, puisque tout ce qu'on essaye d'acquérir n'existe pas. Peu importe que ce soit un rêve ou pas, puisqu'on a la sensation de vivre ici, on peut tout faire puisqu'on a rien à perdre, et apprécier le moment même où l'on vit.
    → C'est le sûtra le plus lu au Japon : 般若心経(はんにゃしんぎょう)Hannya shingyô.
     L'importance de l'instant immédiat, l'intérêt immédiat.

     

    • La naissance du Bouddhisme du Grand Véhicule :

    • L'évolution du « Bouddhisme qui me sauve » au « Bouddhisme qui sauve le peuple ».

    • La notion de « vacuité »

    • Un « personnage » central : 菩薩(ぼさす)Bosatsu (Bodhisattva), notamment 観音菩薩(かんのんぼさつ)Kannon Bosatsu, le Bosatsu sauveur. [Photo] (Dynastie tang, importé au Japon au 7e sièce, influence de l'art indien)

    • Cette école évoluera plus tard pour donner naissance au Bouddhisme de la Terre Pure 浄土仏教・じょうどぶっきょう (rapport au Paradis).

     

              4 Développement, évolution et diffusion du Bouddhisme

    • Au 3e siècle avant J.C. : unification de l'Inde par le roi Ashoka, Bouddhiste très pratiquant (du Petit Véhicule), qui organisa plusieurs missions pour répandre le Bouddhisme. Ces missions sont parties dans la zone de l'Asie du Sud-Est (Sri Lanka, Birmanie, Thaïlande, Cambodge).

    • Au 1ere siècle : 2 mouvements : Le Petit Véhicule et le Grand Véhicule.
    Le Grand Véhicule se répand en Chine à partir du 1er-2er siècle se mélangeant avec les influences du Taoïsme et du Confucianisme.

    • A partir du 8e siècle parvient au Tibet et donne naissance au Bouddhisme tibétain, mélangé aux croyances ésotériques.

    • 3e-6e siècle : Le Grand Véhicule arrive au Japon en passant par la Corée.
    Date officielle : 538 ou 552.

    • Au 7e siècle, l'impératrice Suiko + le régent Prince Shôtoku : adoption officielle du Bouddhisme au Japon et sa diffusion.

     

              5 L'introduction du Bouddhisme au Japon

    • L'arrivée du Bouddhisme au Japon

    * Entre le 3e et le 5e siècle, introduction et diffusion progressive du Bouddhisme au Japon, parmi les plus précieuses connaissances arrivées de Chine : les hautes sphères avaient compris qu'il s'agissait là du meilleur moyen de se rapprocher de la civilisation chinoise.

    * La réaction des japonais par rapport à cette nouvelle religion : « Les Bouddha viennent sauver les kami » → les kami sont un peu perdus et les Bouddha vient pour les aider. Les japonais n'ont vu aucune contradiction pour avoir les deux religions.

    • Construction des temples shintoïstes à côté des temples Bouddhiques

    • Les bonzes prient pour les kami

     

    • Le Prince Shôtoku

    Bataille entre les Soga (pro-boudhisme) et les Mononobe + Nakatomi (pro-shintoïste, ancêtres de la famille impériale actuelle) → victoire des Soga, qui ont su implanter le bouddhisme au Japon.

    → Au 7e siècle, l'impératrice Suiko + le régent Prince Shôtoku : adoption officielle du Bouddhisme au Japon et sa diffusion.

    Le Prince Shôtoku, génie politique et religieux, a créé la Constitution en 17 articles : les concepts confucéens (respect de l'empereur, respect de l'ordre social) et bouddhistes (importante de l'entente et l'harmonie), respect du Bouddha, l'égalité en mérite.

    • Construction de plusieurs temples bouddhilstes

    • Publication des notes sur les sutras

    • Cours surle Bouddhisme

    → Diffusion du Bouddhisme par le haut.

     

    • La mort tragique de Shôtoku

    * Mort en 622 : la mort mystérieuse : suicide ? Après sa mort, toute sa famille a été supprimée.

    * Le clan pro-shintoïste se retrouve au pouvoir

    * Reconstruction du temple « hôryû-ji » (temple de Shôtoku) après sa mort alors que ses ennemis étaient au pouvoir. Il avait pris feu, avait été détruit en 670. La seule explication possible à cette reconstruction est pour calmer l'esprit de Shôtoku. La diffusion du Bouddhisme a continué, le fait que le temple soit reconstruit en l'honneur d'un esprit fort (devenu un Kami du shintoïsme) qui croyait au Bouddhisme de son vivant, cela concilie les deux.

    → C'est le début de 神仏習合shinbutsushûgô : syncrétisme entre Shintoïsme et Bouddhisme.

     

    • L'autre facteur clé de l'époque de Nara : 行基(ぎょうき)

    La diffusion du Bouddhisme part le bas : 行基 (668-749) : la vie mystérieuse.

     Kyougi

    Moine « voyageur » (ゆぎょうそう)qui diffuse le Bouddhisme dans tout le pays en voyageant – construction des ponts, foyers, hôpitaux, temples,... = diffusion auprès du peuple.

     

     

     

    Il n'était pas intéressé par le pouvoir malgré qu'il en était proche. Il était une des premières personnes à sculper des Bouddha en bois (avant c'était en métal), c'est une de ses premières contributions à la diffusion du Bouddhisme au Japon : une personnalisation japonaise, pour faire apparaître l'esprit du Bouddha qui était dans le bois. L'idée d'un esprit dans le bois est plutôt ancré dans les idées religieuses shintoïstes, mêlée au Bouddhisme avec l'image du Bouddha.

    行基 est aussi celui qui a diffusé le sutra du Lotus : « Le Bouddha demeure dans chaque arbre, dans chaque herbe » → dans chaque chose de ce monde.

    神仏習合(しんぶつしゅうごう)généralisé très rapidement à l'époque de Heian.

     

    • Syncrétisme entre Kami – Bouddha

    745 : construction de Tôdaiji (東大寺) à Nara, projet initié par Gyôki. Cela montre que le Bouddhisme avait énormément d'influence à la cours impériale à l'époque.

    785 : 菩薩(Bosatsu) – カミ.

    A cette période les japonais ont compris que les divinités bouddhistes, ils les connaissaient depuis longtemps : le Bouddha du Soleil (大日如来・だいにちにょらい)[photo] par exemple s'apparente à Amaterasu, la déesse du soleil.

    Vers la fin du 8e siècle, on a plusieurs associations entre les divinités shintoïstes et bouddhistes.

    La théorie dominante, Honchisuijaku, veut que les manifestations du Bouddha au Japon soient les kamis → Les Gongen sont les temples shintoïstes croyant au Bouddhisme.

     

    • Le Bouddhisme et « あの世 »

    * Pour les japonais tout le monde peut accéder à l'anoyo à sa mort, un monde considéré à l'envers.
    Avec l'introduction du bouddhisme :

    • 成仏する(じょうぶつする), cela veut dire « devenir Bouddha » mais aussi « mourir ».

    • Des croyances japonaises aux versions bouddhiste de あの世. « Quand on meurt, on va à あの世 et on devient Kami » → « Quand on meurt, (on va à Gokuraku-jôdo et) on devient Bouddha »

    * Le moine 最澄 (さいちょう) croyait à la réincarnation, et surtout que : « Toute personne a du Bouddha à l'intérieur ; tout le monde peut devenir Bouddha ». Après sa mort, extension de sa théorie « 山川草木悉皆成仏 »= tout (humains, animaux,...) peut devenir Bouddha.

    * D'après le moine 空海(くうかい) : « 即身成仏 (そくしんじょうぶつ) » On peut devenir le Bouddha vivant, dans ce monde (en travaillant grâce à la méditation)
    → Après la mort, on part dans la forêt ?

    * Bouddhisme ésotérique = Bouddhisme + nature (le Bouddha du soleil au centre).
    Fortes influences sur l'aristocratie de l'époque de Heian ← prières pour calmer les mauvais esprits ou pour la pluie.

    * 源信(げんしん) : début de l'enseignement de la Terre Pure → travailler pour imaginer la Terre Pure → le Bouddha viendra nous chercher quand on mourra, pour nous emmener à la Terre Pure ; centré sur あの世.

    * 法然(ほうねん) : développement de l'enseignement de la Terre Pure. 念仏(ねんぶつ) : « 南無阿弥陀仏(なむあみだぶつ) » (je crois profondément au Bouddha Amida) = permet de sauver tout le monde (les pauvres, les non-cultivés... ; ceux qui n'ont pas le temps de méditer ou les moyens d'accéder aux enseignements du Bouddha).

    * 親鸞(しんらん) : Autorise les bonzes à avoir une femme (cf légende du Prince Shôtoku) et à manger des animaux.

    • 他力本願(たりきほんがん) : compter sur le pouvoir du Bouddha pour aller à la Terre Pure.

    • Invention du 菩薩(ぼさつ)qui revient plusieurs fois dans この世 pour sauver le peuple.

    → Diffusion du Bouddhisme de la Terre Pure dans toutes les couches sociales.
    Contexte historique : la bataille de Gen-pei (fin Heian) ; famines ; incendies = 末法思想 (まっぽうしそう, croyance à la période Mappô).

    * 日蓮(にちれん) : a étudié à l'école Tendai (← Saichô). Contre le Bouddhisme et la Terre Pure considérée laxiste → il faut travailler. Crois profondément au sûtra du lotus. Il s'est aussi préoccupé de la situation des femmes. Puriste, l'importance du travail sur soi, centré sur この世 (on se concentre sur cette vie, ce qu'on peut faire par nous-même). Cette école est la base d'une grande secte bouddhiste japonaise, Sôkagakai (創価学会・そうかがっかい).

     

    •  Zenshuu : écoles Zen.

    D'origine chinoise, mais a connu énormément de développement au Japon. Les deux principales écoles de Bouddhisme Zen au Japon sont Sôtoshû et Rinzaishû. S'étant largement développé au Japon à partir du 13e-15e siècle, il est désormais souvent associé à un Bouddhisme d'origine japonaise.

    Le contexte historique pour cette époque : un Japon de plus en plus instable, gouverné par les guerriers : époque Sangoku = guerre entre les seigneurs. Le Bouddhisme de la Terre Pure est allée vers les aristocrates et le peuple, le Bouddhisme zen vers les guerriers.

    C'est un peu l'antithèse des autres courants du bouddhisme : chacun a le Bouddha au plus profond de soi-même et il faut aller le chercher : insiste sur l'importance du travail (méditation – zazen (posture) et les kôan (questions sur lesquelles on doit réfléchir)) par soi-même dans une vie disciplinée, pour atteindre l'illumination = pour se libérer de tout.

    Sorte de retour à la source au Bouddhisme initial. Côté très radical.

    Très bien acceuilli par les samurai – correspond à leurs besoins.

    Citations très connues de Zen :
    仏(ほとけ)に会ったら仏を殺せ。祖に会ったら祖を殺せ。
    « Si tu rencontres le Bouddha, tue-le. Si tu rencontres ton ancêtre, tue-le. » (Ecole Rinzai)
    無一物 « Sans rien », « Rien n'existe ».
    Kôan 隻手の音声(せきしゅのおんじょう)« Ecoute le bruit d'une main »

     

    •   Evolution de statut du bouddhisme dans l'histoire

    Epoque Heian = Bouddhisme de la Terre Pure, touche l'aristocratie et le peuple.

    Epoque de Kamakura = apparition de plusieurs écoles. Réflexions philosophiques extrêmement développées.

    Epoque de Muromachi – Azuchi-Momoyama = Les écoles Zen trouvent leur public chez les samurai. Les branches de la Terre Pure se lient avec les paysans et les guerriers de basse classe pour former une puissance contre le pouvoir ← oppression (Ex : ODA Nobunaga, TOYOTOMI Hideyoshi).

    Epoque d'Edo = contrôle des temples par le gouvernement ; le système de recensement de la population grâce à l'enregistrement aux temples → toute personne japonaise devait s'inscrire dans un temple bouddhiste.

    → Généralisation + institutionnalisation du Bouddhisme.

    → Syncrétisme avec le Shintoïsme (et le Confucianisme).

    → Pratique populaire de pèlerinage se répand (« Ohenro » à Shikoku, l'ascension du Mont Fuji...)

    Epoque de Meiji = divinisation de l'Empereur → la loi ordonnant la séparation entre le Bouddhisme et le Shintoïsme; mouvement de destruction des temples et des statues bouddhiques.

    Actuellement = le Bouddhisme reste présent dans la vie quotidienne des Japonais...
    mais comment ?


     

    •   Influences : quelques notions du Bouddhisme présentes dans le langage courant

     (ごう) → Tout ce qui est difficile, dans la nature humaine mais qu'on aimerait réprimer, un vice.

    因果 (いんが Inga) → Cause/Conséquence.

    (えん En) → Un lien entre le Bouddha et nous. Par extension, en désigne tous les liens qui existent entre nous (version imagée : le fil rouge). Le lien de destin (qui nous emmène vers le Bouddha).

    Ex : そでふりあうもたしょうのえん→« Même si on se touche juste les manches, c'est un « en » qui a été créé dans nos vies antérieures ».

    Ex : これも何かの縁 Koremonanikanoen → « C'est aussi un en ».

    Ex : 縁あって... → Pour un mariage on peut dire « avoir un en ». On peut aussi utiliser le contraire pour refuser une candidature dans une entreprise ou un mariage arrangé.

    Ex : 腐れ縁 (くされえんKusare en) → Le en « pourri » .

    (ほとけ Hotoke) → Le Bouddha, la personne morte.

    Ex : 自業自得 (じごうじとくjigô jitoku) → « Ce que j'ai fais de mal reviens à moi ».

    Par exemple quelqu'un qui travaille dans une entreprise n'était pas très motivé et finalement s'est absenté du travail, et a déclaré avoir été au travail. Quelques mois plus tard ça se sait et il est critiqué par tout le monde et isolé des autres, il peut dire ça. En français : « on récolte ce que l'on sème ».

    Ex : 因果応報 (いんがおうほうInga ôhô) → Cause/Conséquence, un peu la même idée que précédemment.

    Ex : 仏の顔も三度 (ほとけのかおもさんど Hotoke no kao mo sando) → « La tête du Bouddha, 3 fois », j'ai été gentille deux fois mais la troisième ne passe pas.

    Ex : 知らぬが仏 (しらぬがほとけ Shirane ga hotoke) → « Le Bouddha ne sait pas », en français « un imbécile heureux ».

    Ex : 馬の耳に念仏 (うまのみみにねぬつ Uma no mimi ni nebutsu) → « Le nenbutsu aux oreilles du cheval », quelqu'un qui n'écoute pas, en français « pisser dans un violon ».

    Ex : 聞いて極楽、見て地獄 (きいてごくらく、みてじごく Kiitegokuraku, mitejigoku) → « Le gokuraku quand on écoute, l'enfer quand on voit », un écart très important entre ce qu'on entend et la réalité.

    一期一会 (いちごいちえ Ichigo ichie) → la façon de s'émerveiller devant une rencontre si extraordinaire, qu'on se dit que ce sera l'unique rencontre de ce genre dans cette vie. Un moment unique qui ne reviendra jamais.

      

    •    Le Bouddhisme et les Japonais

    * Présence du Bouddhisme dans les cérémonies « relatives à la mort »

    Funérailles, cimetières, « 水子供養Mizuko kuyô » (prières pour les enfants qui ne sont pas venus au monde).

    Mizuko kuyô

     針供養Hari kuyô : prière pour les aiguilles. Quand les aiguilles sont vieilles et tordues on peut les amener au temple et leur accorder une prière pour « leur mort ». Parce qu'on a beaucoup utilisé ces aiguilles, elles ont acquis une âme en quelque sorte : croyance shinto.

    * Mais aussi : les visites pour le Nouvel An.

    ~

     

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