• Chapitre I

    Chapitre I

    Les grandes étapes des R.I depuis 1945

     

    Dès 44, les futurs vainqueurs avaient imaginé l'après-guerre et s'étaient répartis des zones d'influences. Il y a des blocages, des situations héritées de cette première période 45-90. Ce partage a été fait avant 45 (l'été 44 le partage était fait), et qui sera respecté par la suite. La fin du conflit pour les 5 vainqueurs annonce un nouvel ordre international qui ne comprendra plus de zones d'influences → fin des empires coloniaux. On va mettre en place des systèmes d'échanges internationaux pour ne plus jamais avoir de guerres poussées par le nationalisme. Le principe de base c'est la libéralisation des échanges économiques, et on pense vraiment que cela empêchera des guerres comme des récessions ou encore des crises économiques. Mise en place d'un nouveau système. On croit vraiment à ce nouvel ordre mondial qui devait instaurer la paix universelle. 48-95 : OMC (Organisation Mondiale du Commerce).

     

    1 Le système des blocs se met en place

    1.1 L'entrée dans la guerre froide

    La logique des blocs dont on n'avait même pas soupçonné la possibilité en 45, et pourtant, elle était inévitable. Deux dispositifs face à face avec une menace permanente figée, où la communication est très rare. « Cette guerre ne ressemble pas à celles du passé » (Staline), « quiconque occupe un territoire [...] », phrase tout à fait juste qui se vérifiera par la suite, alors qu'elle était passée inaperçue au début. Des luttes de pouvoir se déchaînent, et l'URSS se dit très rapidement qu'en raison des millions de morts qu'elle a subit, qu'elle a le droit à un glacier protecteur. Il y a un accord tacite où l'Ouest n'intervient pas, l'URSS occupe le terrain. Au même moment, les relations internationales sont envahies par un nouveau phénomène encore inconnu : l'ère nucléaire. On sait que la bombe peut ruiner un pays, et de 45 à 90 l'arme nucléaire sera en toile de fond des relations internationales. On a parlé de dissuasion nucléaire pendant ces années là : c'était un pari sur l'absurde, et sur l'équilibre. Cela contraint chaque puissance à égaliser avec ses rivaux. Le principe du nucléaire c'était d'éviter un nouvel holocauste, une nouvelle guerre mondiale : comme on ignorait ce qu'avait les voisins, c'était la course à l'armement, mais nul n'osait déclencher de conflit. On a donc évité une guerre nucléaire, une confrontation directe, au profit d'une guerre froide entre deux grandes puissances. On n'a pas installé la paix, mais un état de non-guerre. Des années 50 à 80, on croyait sincèrement que l'existence de ces armes de plus en plus sophistiquées, interdisaient d'envisager un changement profond. Au fond est-ce que la dissuasion nucléaire était là pour garder la bipolarité des relations internationales ? On pensait que ça ne serait jamais remis en cause et que le monde resterait figé. Toutes les conférences de la paix se soldent par un échec.

     

    1.2 Les Premières épreuves de force

    1948 : Les rêves de paix universelles c'est terminé : on est entrés dans la guerre froide.

     

    * Première épreuve de force

    Le but ultime des soviétiques est de voir jusqu'où iront les occidentaux. Le seul soucis des soviétiques en bloquant Berlin Est est de tester ses adversaires. Jamais les Soviétiques n'ont bloqués les couloirs aériens pour les anglo-américains, alors qu'ils auraient pu. De chaque côté on restait dans des limites permettant d'éviter l'irréparable.

     

    * Deuxième épreuve de force : la guerre de Corée

    Les deux grandes puissances choisissent de se faire la guerre par pays interposés. Dans les années 50 : statut quo, on n'a pas de heurt entre les deux grands mais entre des forces d'interventions dans un cadre de maintient de la paix. Ce conflit est né de l'absence de l'URSS pour donner leur droit de veto lors du conseil de l'OTAN, les USA ont envoyé des soldats pour maintenir la paix en Corée contre l'avis de l'URSS qui n'avait aucun droit de s'y opposer.

     

    * Troisième épreuve de force

    La guerre d’Indochine : lutte pour la décolonisation. En 55 Pierre Marie-France clôt la guerre d'Indochine, mais elle sera aspirée par la guerre froide et deviendra la guerre du Vietnam.

     

    1.3 A l'Ouest et à l'Est : deux conceptions différentes

    A l'Ouest

    On avait deux conceptions, deux thèmes de prédilection : le ravitaillement, la reconstruction économique, et on veut mettre fin à l'instabilité politique.

    • On va mettre en place pendant les 30 glorieuses (45-75) des mécanismes multi-latéraux, visant à garantir une égalité. Il n'y a plus de vainqueurs et de vaincus, et on reconnaît aux européens des responsabilités. On repart à zéro.

    • Dans le domaine économique, l'OECE a été le canal par lequel l'aide du plan Marshall va être distribué en fonction des besoins.

    • Dans le domaine militaire, on signe à Washington le pacte Atlantique en 49 qui reprend la même méthode dans le domaine économique (vainqueurs et vaincus sur le même pied d'égalité) qui fait peser sur chaque membre des obligations juridiquement identiques. C'était révolutionnaire.

     

    A l'Est

    Complètement à l'opposé : le commingform (opposé de l'OTAN).

    Au sein du bloc de l'Est va être mis en place un réseau militaire et économique, réplique de l'ouest, mais dont la méthode n'est pas la même : l'URSS met en place des traités bilatéraux (URSS-Pologne, URSS-Birmanie etc) avec les démocraties populaires. Des rapports directs cloisonnés (entre deux démocraties populaires il y avait interdiction de communiquer sans passer par l'URSS). L'idéologie, la police et l'armée assurent la cohésion du tout.

    Marché commun de l'est ; et Pacte de Varsovie.

    Heureusement, les choses évoluent, alors qu'on pensait dans les années 48-53 que les blocs ne bougeraient pas.

     

    2 Signes de remise en cause de la logique des blocs

    Pour que ça ne bouge pas il aurait fallu :

    Première condition : il aurait fallu qu'il y ai une cohésion parfaite à l'intérieur de chaque bloc.

    Deuxième condition : une relation stable, figée, pas de communication entre les blocs.

    Troisième condition : une réalité internationale en dehors des deux blocs : que le monde évolue en dehors des blocs.

     

    2.1 Émergence du mouvement des non-alignés

    Dans le cadre de la décolonisation, encouragée par la charte des Nations Unies, on a l'émergence d'un nouveau concept : le tiers-monde (terme datant des années 50). Par conséquence, le système Est-Ouest perd de son omniprésence. Si bien que les choses vont tellement vite que c'est à la demande de l'Indonésie qu'il y a une première conférence de pays qui en ont marre de l'alignement sur l'Est et sur l'Ouest, et réclament le mouvement de neutralisme politique appelé le mouvement des non-alignés. Donc la conférence a lieu en Indonésie en 55 et sera suivi tous les deux-trois ans de conférences des non-alignés. Dans les années 50 le mouvement des non-alignés a tout de même tendance à s'aligner du côté de l'Est. Mais ils réclament la neutralité et la coexistence pacifique.

     

    2.2 Les relations entre les blocs s'assouplissent : reprise du dialogue

    * Le premier facteur qui change tout sera la maîtrise de la bombe nucléaire par l'URSS dans les années 50. Cela convaincra les Américains qu'ils ont pris du retard dans la haute technologie de l'époque, et stimulera malheureusement la course aux armements.

    * Deuxième facteur qui change tout : la mort de Staline, dans des conditions odieuses. Mr. Khrouchtchev arrive au pouvoir. De-stabilisation massive en URSS, Khrouchtchev a brisé à ce moment-là le ciment du peuple soviétique en dénonçant le culte de la personnalité, ce qui lui permet de dénoncer une personne sans dénoncer le système en lui permettant ainsi de rester au pouvoir avec le système en place → déstalinisation.

    * A partir de 56 et durant 15 ans, l'URSS cherche à faire reconnaître un statut quo territorial en Europe (elle obtiendra gain de cause en 90). Pour cela elle lâche du lest, elle reconnaît l'indépendance de l'Autriche et demande la neutralité : que l'Autriche n'appartienne pas à l'OTAN ou autre. Cet accord n'a pas été écrit, donc cette demande de neutralité ne sera pas respectée.

    * En 55, il y a un embryon de dialogue, on commence à négocier et à se rencontrer, ce qui est novateur pour l'époque. On met en place des relations diplomatiques entre l'URSS (qui ne reconnaissait auparavant que la RDA) et la RFA.

     

    2.3 Divergences au sein de chaque bloc

    A L'EST

    • Premières révoltes ouvrières à Berlin Est en 53, en Pologne en 56, en Hongrie. L'URSS fait vite comprendre aux pays d'Europe de l'Est que leurs révoltes ne passeraient pas avec eux.

      Arrive la première grande diverge imprévue : à la fin des année 50 l'URSS est en concurrence avec la nouvelle Chine maoïste → la rivalité sino-soviétique. Guerre encore idéologique à l'époque, elle deviendra un vrai conflit dans les années 60 (dès 59 les tensions sont affichées → en 63 véritable implosion : plus de communication).

      {BLACK OUT}

    • Certains pays Européens sont entraînés par le conflit.

     

    A L'OUEST

    • Entre les USA et certains pays Européens il y a des nuances. La France tient à conserver une influence internationale (intervention franco-britannique à Suez). Elle quitte la structure militaire intégrée de l'OTAN en 66. Mal-être qui s'installe, la France est montrée du doigt en affichant une différence dans l'unité Atlantiste.

     

    2.4 La crise des fusées, prémisse de la détente

    La crise des fusées de 62 montre aux USA qui pensaient tout maîtriser qu'en fait ce n'est pas le cas. L'URSS soutient Cuba dès 60-61. Avec cette crise on a frôlé une 3e guerre mondiale, mais du fait de l'avoir évité cela aura un impact positif.

    L'idée pour les Américains étaient de faire plier Moscou, et pour Moscou de tester la capacité de réaction des Américains. Pendant 10 jours le monde retient son souffle. Cuba va servir de détonateur pour l'avenir (détonateur à l'affrontement URSS/USA). Avant les pays des Caraïbes rentraient dans le champ de la doctrine américaine Monroe, ils échappaient à la logique des blocs. Mais peu à peu ils sont entraînés dans la logique de la guerre froide.

    Après les événements de 62 les pays d'Amérique latine décident de signer un traité (appelé Tlatelolco) interdisant aux états latino-américains de fabriquer, de posséder ou d'accepter sur leur sol des armes nucléaires.

    Dans le clan occidental on a une solidarité sans faille (même le général de Gaulles appuie les USA). A l'Est les démocraties populaires prennent peur et Khrouchtchev va céder et sera destitué et accusé d'avoir reculé face aux Américains (ce qui était un prétexte, en vérité on lui reprochait d'avoir donné trop de libertés).

    Cette crise met en lumière un besoin de communication → nouvelle ère. Dès 63 on met en place des cellules de négociations, d'un dialogue systématique → institutionnalisation du dialogue.

     

    La détente

    Les années 60-75.

    A l'époque c'est plus la quête d'un nouvel ordre international, de quelque chose de différent pour ne plus avoir ce qu'on a eu en 62. L'idée est d'éliminer le danger de l'holocauste nucléaire et d'assurer la coexistence plus ou moins pacifiste entre les deux blocs.

    { BLACK OUT }

    Ce qu'on n'avait pas prévu en contestation de la guerre du Vietnam (du côté Américain), c'est cette crise de contestation venue des étudiants qui émerge plus sur le campus en 68 mais qui avait déjà commencé en 62-63. Il y a un sentiment que quelque chose ne va pas, un sentiment de culpabilité collective. Beaucoup de contestations émergent (mai 68, anti-nucléaire,...).

    Du côté Soviétique ça bouge aussi : le printemps de Prague.

     

    3 La « détente », ordre international réel ou apparent ?

    3.1 1962-68 : incertitudes et maturation

    • La solidarité atlantiste n'est pas au top, on a des dissensions entre la France et le camp atlantiste de l'OTAN. La France avait eu l'intuition de reconnaître la chute populaire sans avertir ses alliés occidentaux. Entre 63 et 67 De Gaulles se rend sur place en Europe de l'Est, où il est très estimé. La France est indépendante au niveau nucléaire. Elle est très indépendante et se permet des choses que d'autres pays n'auraient pas osé tenté : elle anticipe sur la détente et sur l'accord d'Helsinki en 75.

    • A l'époque les Américains abandonnent la doctrine des représailles massives pour ce qu'on appelle la riposte graduée. Les USA proposent un deal à l'OTAN : les Américains restent maîtres et l'Europe suit, ce qui évidemment n'est pas accepté par la France (raison pour laquelle ils quittent l'OTAN d'un point de vue militaire et s'engagent sur le chemin de l'indépendance nucléaire).

    • Côté Est, 62-67, affrontements militaires assez durs à la frontière sino-soviétique.

    • Affirmation du tiers-monde sur la scène politique.

    { BLACK OUT}

    Summum de la détente en 1968 → traité TNP (Traité de Non-Prolifération nucléaire). Il légalise la bipolarité nucléaire, mais aussi accepte les 5 grands vainqueurs de la seconde guerre mondiale mais interdit aux autres de l'avoir.

    Le TNP s'inscrit à la suite à d'autres traités d'interdiction d'essais nucléaires. Empêcher que d'autres États se mettent à la course au nucléaire : les grands veulent garder le monopole et le contrôler. Ce qui est mauvais pour les uns est bon pour les autres.

    On l'a toléré pour l'Inde en 1974.

    Ceux qui détiennent l'arme ont strictement interdiction de la transférer, ou de l'aider à l'acquérir.

    Tous les États signataires pouvait acquérir et développer l'énergie nucléaire civile (pour l'électricité).

    On a créé l'agence internationale pour l'énergie atomique (l'AIEA) : contrôle les États non-nucléaire militairement parlant.

    Le TNP au fond c'est la consécration d'un statut quo inégal, les États nucléaires le reste et les autres n'ont pas droit. Les États nucléaires ont le droit d'augmenter leur potentiel nucléaire. Évidemment c'est très critiqué dans le tiers-monde, c'est très inégal : beaucoup se tenait au seuil du nucléaire sont dès lors sensés le rester.

     

    3.2 1968-75 : une nouvelle ère ?

    Sur fond de détente politique affichée, on entre dans un choc dans le domaine économique, lié entre autre à un choc technologique (début de l'informatisation). Les cycles économiques ont un impact sur la géopolitique : effet de causalité. Nixon le 15 août 1971 suspend la convertibilité du dollar en or. Les USA renoncent à traiter leur monnaie comme le pivot du système monétaire international. Au tournant des années 70-73 : la rareté, une révision de nos modèle socio-économiques, va être exploitée comme une arme. On commence par le pétrole, on multiplie du jour au lendemain le prix du pétrole : le smic en 74 était à 130€, le prix du litre d'essence était à 1€. Les pays pétroliers ont décidé de marquer le coup et de faire du pétrole leur principale source de revenu.

    Dans les années 70-75, la compétition s'amplifie. On découvre qu'à côté des grands États industrialisé il y a les nouveaux Dragons asiatiques. Parmi les grands États industrialisé, la concurrence du Japon s'affiche, et il y a rivalité entre États Européens et États-Unis.

    On avait encore l'espoir que la crise était temporaire, et on ne soupçonnait pas une mutation des structures technologiques. On avait une vision de l'économie complètement illusoire. Les pays en voie de développement (PDD) réclament l'activation du dialogue Nord-Sud et une place en dehors des deux blocs.

    Il y a une volonté des deux grands (USA/URSS) de dialoguer. La doctrine Nixon (mandat 69-74) voulait qu'on passe de l'ère de la confrontation à la négociation. Il poussera à l'ouverture des négociations pour limiter la course aux armements (traités Stratégies Arm Limitation Talk et SALT II). Il y a un état d'esprit dans ces années de limitation, on ne fait pas ce qu'on veut. Les deux grands souhaitent une coexistence pacifique entre eux, chacun chez soi et les hippopotames seront bien gardés.

     

    Côté URSS :

    • il y a l'aggravation du conflit avec la Chine : on se bat à la frontière en 69.

    • Très grave crise en Pologne (connue au niveau international) en 70.

    • Dans toutes les démocraties populaires, une pression intérieure des consommateurs. Énorme frustration par rapport aux différences Est et Ouest, pour laquelle l'Ouest prête de l'argent à l'Est pour répondre aux désirs de consommation.

    • Cela incite à l'URSS à jouer la carte de la négociation avec les USA. L'URSS cherche à dialoguer car à travers cette détente elle cherche à consolider sa position de super grand.

     

    Quel sera le levier pour basculer dans la détente ?

    • L’ost politique (la politique vers l'Est, la main tendue vers l'Est) de l'Allemagne de l'Ouest.

    {tiny black-out}

    L'ancien maire de Berlin, Willy Brand, ministre des affaires étrangères en 66, devient Chancelier en 69. Il entraîne l'Europe dans une politique de réconciliation. Il part du principe que l'Ouest doit améliorer les relations avec l'Est (ost politique). Premier geste du chancelier en 69 : il fait adhérer la RFA à la TNP : la RFA ne détiendra jamais l'armement nucléaire. Il engage la RFA dans un mouvement de négociation pour aboutir à des traités (traité de Moscou en 70) où on reconnaît les frontières (ex : RFA – Pologne).

    Il y a toute une série de traités germano-soviétiques en 70 où on met fin aux différents territoriaux. Traité fondamental en 72 où on se reconnaît mutuellement : RFA / RDA. On garde le mur mais on normalise la relation bilatérale, véritable révolution culturelle à l'époque. Les deux États se reconnaissaient non pas en tant qu’état mais en tant qu'entités séparées : deux parties d'une même civilisation. L’ost politique a mis en place les semailles de la future réunification allemande des années 90.

    On commence au cœur de la détente à se poser la question de la sécurité sur le territoire Européen. Si on profitait de l’ost politique pour dialoguer ?

    L'idée c'est qu'on va réunir tous les chefs d’État d'Europe territoriale et les Soviétiques acceptent la présence des deux grands États Nord-Américain (USA/Canada) et se réuniront en 75 à Helsinki (Finlande officiellement neutre militairement). Les États vont se réunir par groupe (Groupe de Varsovie et Groupe de l'OTAN, et quelques pays neutres). On décide de prendre quelques décisions mais sans vote à la majorité : par consensus. Il apparaît très clairement à l'époque que c'est l'ost-politique qui a préparé les conférences d'Helsinki. Ces accords d'Helsinki (ainsi que l'ost-politique) sont considérés comme une consécration du statut quo territorial et politique en Europe jusqu'en 90. Mais on s'apercevra quasiment 20 ans après qu'ils sont venus miner de l'intérieur le statut quo.

    {Black out}

    Dans l'acte final, « principe de non-intervention dans les États voisins » enfin écrit.

    {Black out final}

     

    4 Le temps des désillusions

    Dans les années 80 on comprend que la détente n'était pas l'entente. La détente rentre en crise et se retrouve complètement bloquée.

    Dans ces années 75-85, l'économique et le militaire sont liés. Renforcement diplomatico-stratégique de l'URSS qui coïncide avec le reflux moral des USA. Les USA vont tenter la paix entre Égypte et Israël. On a l'impression dans les années 75-80 que les USA semblent un petit peu mou au niveau de la diplomatie : ils sont obnubilés, complexés par ce qui est arrivé au Vietnam.

     

    4.1 Au niveau économique

    A l'époque on a encore l'illusion que la crise passera. On avait pas encore admis au niveau des théories économiques certaines réalités. La compétition économique s’accélère, surtout entre les vainqueurs.

     

    4.2 Au niveau politique et militaire

    On se rend compte que la détente n'est pas l'entente, et on ne voit pas comment sortir de la guerre froide. On a un blocage total des relations est-ouest. Les discussions sur la limitation des armements stationnés en Europe avaient périclité dès l'année 77-78. On sent que quelque chose est en train de basculer, et lorsque l'Union Soviétique intervient militairement en Afghanistan (79), c'est la première fois qu'un pays soviétique intervient dans un pays musulman, et c'est la première fois qu'on utilise l'arme alimentaire (embargo sur les céréales) : on se rend compte que des armes politiques peuvent être efficaces. Il se passe quelque chose en 79 (deux événements) : la prise d'otage à Téhéran (l'Iran bascule dans un autre monde insaisissable) qui marquera vraiment l'opinion américaine ; et la crise de l'Afghanistan. Avec ces deux pays on sort du rapport de force classique qu'on avait entre est et ouest : cela fait rentrer dans une nouvelle ère.

    En 75-80 on a un hégémonisme politique de Moscou (que Gorbatchev a reconnu par la suite). Toute la cote de l'Afrique tombe dans l'orbite Soviétique, échappant au neutralisme politique. A côté de ça toujours la guerre sino-soviétique (Viet nam, Laos, Cambodge). On ouvre le yeux dans ces années. Une soviétisation qui va dans un tel excès que cela engendrera la dissidence. On se réunit à Helsinki ou à Belgrade ou encore Madrid, dans des pays neutres, et toutes les conférences échouent. On a un reflux des américains sur la scène internationale, le syndrome post-vietnamien, et parallèlement un renforcement militaro-diplimatio-soviétique dans l'orbite mondiale. Un rapport de force qui s'inverse au profit de Moscou, jusqu'en 83-84. Les dernières administrations de Jimmy Carter s'emploient à discuter. Les États Européens pour l'heure croient encore à la Détente – on discute. A l'époque, côté Ouest, on a l'illusion qu'on pratiquant le levier de la Détente économique et commerciale en prêtant de l'argent à l'Est (démocraties populaires), cela pourrait être à terme le levier de la Détente politique voire militaire. On pensait qu'on avait tort, l'argent prêté à l'est servait à subventionner un système militaro-industriel, mais on a bien fait : on va donner un autre goût pour d'autres libertés après.

    79-85 : Plus personne ne croit à la Détente, et on qualifie cette période de « guerre fraîche ». Le tournant a été l'Afghanistan : l'erreur stratégique a été prise en absence de Brejnev. Elle intervient militairement dans un pays du tiers-monde : réaction immédiate des pays du proche-orient → on ne fait plus confiance. Tous les canaux de communication sont bloqués fin 79 (même la fameuse ligne rouge n'est plus utilisée). Suite à l'Afghanistan, décision des pays de l'Ouest de stopper les échanges commerciaux, au moment où les échanges sino-soviétiques sont au plus bas.

     En 78, l'affaire farewell.

    Crise des euro-missiles : Depuis 76 photos de satellite montrant effectivement derrière la frontière de l'est, des missiles à tête nucléaires vers les capitales des centres névralgiques de l'Ouest. Reagan arrive en 80, entraînant les États-Unis dans un réveil moral, « l'Amérique est de retour ». Lorsque nous avons la preuve début 79 qu'il se trame des activités militaires de l'autre côté du mur. L’Europe paradoxalement redevient le centre des relations internationales. Double résolution de l'OTAN : Date butoir aux soviétiques (4 ans) : s'ils ne retirent pas leurs missiles, les forces de l'OTAN installeront les mêmes. Grand désenchantement idéologique, on ouvre les yeux.

    La tension est au maximum, et arrive un moment très particulier en septembre 83 : un avion civil sud-coréen a cause du brouillard survole le territoire sud-Soviétique → il sera abattu sans sommation. Suite à la destruction de cet avion, il y aura un tel choc mondial que cela engendrera un doute sur l’État de l'Union Soviétique. Arrive un homme en avril 85 qui va être nommé à la tête du PCUS, Gorbatchev. La guerre des euro-missiles prend fin en 85 : Gorbatchev reconnaît les erreurs, les mensonges des soviétiques dans les années précédentes.

     

    Retour de la croissance économique :

    Deuxième choc pétrolier en 79, mais aussi à partir de 83-84 on a une chute du prix du pétrole, et des progrès liés à la troisième révolution industrielle et l'intensification des échanges de service. Libéralisme économique. Expansion économique qui touche l'Europe de l'Ouest mais pas l'est, qui sont en autarcie.

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