• III. Changement démographique, progrès techique, bouleversements politiques et réflexions sur les systèmes d'économies politiques

     III. Changement démographique, progrès techique, bouleversements politiques et réflexions sur les systèmes d'économies politiques (fin du 17e siècle au début du 19e siècle)

     

    • La révolution industrielle (Weber, malthus)

      La révolution agricole / Transition démographique / Révolution industrielle

    En Angleterre.

    Texte : « La révolution agricole » « L'agriculture a non seulement libéré les ressources alimentaires et les ouvriers nécessaires à cette vaste aventure que fut la révolution industrielle, a non seulement permis ou même probablement amené la révolution démographique et suscité la naissance des industries textiles et sidérurgiques modernes, mais a également fourni dans les premières phases une fraction dominante des capitaux et des entrepreneurs qui otn animé les secteurs moteurs de cette évolution. »Paul Bairoch dans Le tiers monde dans l'impasse, publié en 1971

    > Au Moyen-Âge, l'agriculture Européenne est traditionnelle, mais quelques changements commencent. La révolution agricole a contribué à l'explosion démographique, car on mange mieux et le niveau de vie des populations s'améliore : la hausse démographique permet d'avoir plus de main d'oeuvre. → Au final la révolution agricole est à la base de la révolution industrielle. Quand l'industrie a manqué de main-d'oeuvre on a eu besoin de plus de machines.

    > A un moment donné dans les pays occidentaux il va y avoir un recul de la magie comme explication de phénomènes (action traditionnelle) : quelque chose change dans les valeurs qui fait que les gens ne vont pas chercher à expliquer une catastrophe météorologique mais chercher plutôt un moyen de contrecarrer la catastrophe (rationnalisation). Weber parle de désenchantement du monde. La rationnalité va naître. C'est une action qui met en relation des individus : l'individu va réfléchir à l'acte qu'il va effectuer en fonction des valeurs qu'il a (ex : les militaires qui vont à la guerre le font car c'est leur devoir, c'est dans leurs valeurs, c'est logique pour eux dont rationnel). Il existe aussi l'action rationnelle en finalité : je fais une action car j'ai un but, j'évalue les moyens qui vont me permettre d'atteindre mon objectif : je calcule de manière rationnelle.

    → Ex : l'entrepreneur qui cherche à augmenter la productivité réorganise le travail avec l'objectif d'obtenir plus de production (engager plus de gens ? Délocaliser ?) → ce ne sont pas les valeurs qui dictent ce que je dois faire mais le choix de ce qui sera le plus avantageux.

    Dans les sociétés occidentales ces actions rationnelles vont prendre le pas sur les actions traditionnelles. L'irationnel va tendre à disparaître.

    On voit également apparaître des intérêts nouveaux grâce au calcul, et ce qui va dominer sera le principe du moindre effort qui trouvera son terrain d'élection dans la sphère économique : comment faire pour que ça me coûte le moins cher le plus facilement ?

    Cela entraîne des changements sociaux :

    • Emergence d'une discipline scientifique (qui va faire reculer la religion)
    • Formalisation des normes juridiques (émancipation de la femme, contraception,...) : la loi doit changer pour suivre le changement social.
    • Il a fallu que l'investissement devienne un objectif pour les producteurs : je ne suis pas là que pour produire et m'enrichir mais je dois investir pour m'enrichir plus tard
    • Acceptation des contraintes politiques : la société est organisée de telle sorte que des choix vont être faits au niveau central

    Est-ce que ça veut dire pour autant que l'Homme va trouver des réponses au niveau de la science ? Quand Weber parle de désanchantement cela ne veut pas dire que le monde était enchanté avant, c'est un monde dans lequel les explications se situaient dans un autre domaine. Le désanchantement veut dire que l'église ne va pas pouvoir toujours répondre mais la science aura les réponses. La science apporte des solutions mais ne dit pas aux Hommes comment vivre, elle ne donne pas de sens à la vie. Elle n'a pas de leçons de valeurs à donner. Pour Weber le sociologue ne doit pas faire de référence à des valeurs mais doit rester dans la neutralité. Il nous permet de comprendre que pour que cette révolution agricole puisse avoir lieu il a fallu un changement social. La science va permettre à l'agriculture de connaître des progrès importants : apparition de l'agronomie, qui montre aux paysans comment utiliser au mieux leur exploitations.

    Les agriculteurs sont éparpillés (« open field ») en beaucoup de lopins de terres, ce qui fait que les terres qui sont en jachères vont voir leurs mauvaises herbes envahir les terres d'à côté, donc la loi anglaise va mettre en place des enclosures : l'intérêt est d'effectuer un remembrement, rassembler ces lopins de terre en plus grands espaces clôturés. Evidemment ce n'était pas accepté par tous : il y a eu des accords à l'amiable mais aussi des recours à la loi (5000 actes d'enclosure).


    → La rationnalité va permettre le changement social, qui va permetre par l'acceptation du progrès technique la science, et donc le développement de l'agronomie. → Développement et apparition de nouvelles lois, faire en sorte que la loi s'adapte. Par exemple la loi sur le Remembrement (rattachement des terres), qui permet l'utilisation d'outils qu'on n'aurait pas pu utiliser sur des petites terres, donc augmentation de la production. → donc déclin de la population rurale en Angleterre (de 1750 à 1840 la population urbaine passe de 14% à + de 48%). Cet exode rural permet la Révolution industrielle. On est dans une période où l'on importe pas encore des céréales, l'Angleterre consacre l'essentiel de ses terres à l'Agriculture. Mais les céréales anglaises sont trop chères, ce qui augmente le prix du pain, sur lequel on se base pour augmenter ou baisser les salaires. Les industriels donc veulent importer des céréales étrangères, ce que ne veulent pasles propriétaires terriens. → Augmentation du niveau de vie = augmentation de la population.

     

    • La naissance de l'école classique

      A. Smith Division du travail, main invisible

    > Thomas Robert MALTHUS (fin 18e siècle)

    > Avant la révolution industrielle les taux de natalité et de mortalité sont élevés (comme partout en Europe). Notamment une mortalité importante (famines, sécheresses, guerres,...). On produit beaucoup, les prix sont en baisse, l'hygiène se développe → le taux de mortalité diminue progressivement. Malthus craint de voir ce taux de mortalité diminue, amenant à une surpopulation. Les taux de natalités eux-mêmes commencent à diminuer, ce que Malthus ne voit pas. Les enfants survivent mieux qu'avant grâce à une amélioration du niveau de vie. C'est une période caractérisée par la croissance démographique.

    Malthus a 2 postulats :

    • la nourriture est nécessaire à la croissance de l'Homme
    • la passion entre les sexes et une nécessité

    Texte : Thomas Robert MALTHUS, Essai sur le principe de population, 1798

    Cette passion entre les Hommes amène du bonheur à court-terme, mais entraîne du malheur à long-terme (à cause des enfants, qui à terme auront une conséquence malheureuse). La population augmente de façon géométrique (1, 2, 4, 8, 16, 32,...). Mais parallèlement les ressources ne croissent que de manière arithmétique (1, 2, 3, 4, 5,...) donc à un moment la croissance de la popuation sera telle que la production agricole ne pourra pas satisfaire les besoins de la société. Pour lui il faut donc supprimer les lois qui protègent les pauvres et favoriser le développement de l'agriculture, et enfin privilégier les lois protectionnistes sur le blé. Mais la population se limite d'elle-même : dans la crainte de tomber dans la pauvreté les familles cherchent à éviter les naissances. De plus guerres et famines créent une régularisation. Le niveau de vie diminue, il y a une augmentation du nombre de pauvres et donc d'assistés.

    2e aggravation selon Malthus : les riches ne devraient pas contribuer à la survie des pauvres alors que leur richesse n'augmentent qu'arithmétiquement aussi. « Les pauvres soumis à ces lois tyranniques qui réduisent les inégalités sont incités à la paresse ».

    > Deux innovateurs britanniques en matière de révolution industrielle : James Watt (machine à vapeur) & Arkwright (industriel anglais qui a ouvert la première filature de coton moderne).

    > Rostow, historien économique américain au 20e siècle, a essayé de comprendre comment on passe de ces sociétés traditionnelles à ces sociétés modernes, mais surtout voulait donner un modèle de croissance. Il se demande alors qu'est-ce que cette révolution industrielle ?

     

    Les étapes du développement selon Rostow :

    1. La société traditionnelle : domination du secteur agricole, pas de changement social.
    2. Les condititions préalables au démarrage : évolution des mentalités, essor de la productivité et de la production agricole, croissance de la population.
    3. Le démarrage ou décollage : essor rapide des investissements, révolution industrielle.
    4. Marche vers la maturité : progrès économique et social, la croissance économique de dépasser celle de la population.
    5. L'ère de consommation de masse : développement des industries de biens de consommation, des services, de la sécu',...

    Le problème que Rostow pose c'est de dire que peu importe les situations sociales et culturelles dans un pays, il y a un modèle qui permet de s'en sortir : celui qu'il présente (ci-dessus). Il va alors comparer la révolution industrielle anglaise à son modèle.

    L'environnement en Angleterre est favorable à la révolution industrielle : un sentiment national fort (donc une cohésion sociale importante), les guerres civiles sont passées, l'agriculture se transforme et se modernise (permet de nourrir la population). Ensuite, il y a un effort démographique important, dont la population se dirige essentiellement vers les villes (45% d'urbanisation). Et enfin, au début du 18e siècle on peut parler d'une diversification industrielle (textile, brasserie, sidérurgie,...). La science est valorisée. L'essor industriel anglais est lié à l'essor colonial, petit à petit l'Angleterre va dépasser les Pays-Bas dans la domination de la mer. De la même manière l'Angleterre va développement son économie avec le commerce des esclaves et des plantations en dehors de son territoire, tout en gardant ses terres pour l'agriculture, assurant la survie de sa population. Rien ne va empiéter sur l'agriculture de l'Angleterre. Elle se distingue aussi par son intérêt à la science appliquée à l'agriculture, à l'industrie, à la navigation, au commerce.

     

    > Innovation en manufacture : avec la machine à tisser une plus grande production de textile est possible, ce qui devient de plus en plus demandé avec la popularisation des sous-vêtements. La manufacture d'Arkwright comportait 300 ouvriers. Au début les anglais produisaient surtout à base de laine, puis se mettent majoritairement au coton.

    → Le progrès technique doit être en phase avec le système de valeur ou il n'apporte rien (par exemple aujourd'hui nos valeurs n'accepte pas le progrès lié à la manipulation génétique).

     

    Les facteurs de la révolution industrielle

    • La révolution agricole et à la transition démographique qui permis de produire plus et d'augmenter la taille des marchés et de fournir une main d'oeuvre pour l'industrie.
    • La modernité avec un système de valeur qui vont encourager la science, les inventions, les innovations et l'esprit d'entreprise.
    • La situation géographique qui a permis de développer le transport maritime et fluvial. Aucune ville anglaise n'est à plus de 100km de la mer.
    • L'expansion coloniale.
    • L'urbanisation rapide. C'est le seul pays d'Europe, à l'époque, qui a une faible population agricole.
    • Développement du commerce extérieur qui lui permet de se spécialiser et de devenir l'atelier du monde.

     

    > Adam Smith 1723-1790

    L'économie politique selon Smith« Considérée comme une branche de la science d'un homme d'Etat ou d'un législateur, l'économie politique se propose deux objectifs distincts : premièrement, se procurer au peuple une subsistance abondante ou un revenu abondant, ou plus exactement mettre les gens en état de se procurer une telle subsistance ou un tel revenu ; et deuxièmement, assurer un Etat ou collectivité un revenu suffisant pour les services publics. L'économie politique se propose tout à la fois d'enrichir le peuple et le souverain. »Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations (1776) Livre IV

    Pour Smith il existe deux facteurs qui permettent la richesse des nations. Deux facteurs ; la productivité du travail, et le montant de travail utile. Pour Adam Smith la productivité du travail va être amenée par la division du travail. La division technique du travail se réalise dans l'entreprise : c'est le fait de séparer les activités productives en activités distinctes et successives. La division sociale du travail est macrologique : c'est la division au sein de la société, la hiérarchie associée à plus ou moins de prestige (par rapport à leur activité, exigeant plus ou moins de qualifications). Son exemple le plus célèbre est celui de la manufacture d'épingles (Texte : « La manufacture d'épingles », Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations, 1776) : on va réunir plusieurs travailleurs qui vont effectuer un travail essentiellement manuel (peu d'outils, pas très perfectionnés). Les ouvriers ont un savoir-faire total de la production (ex : un ouvrier qui sait faire une table de a à z), mais avec la manufacture lorsqu'on va demander aux ouvriers de se diviser sur diverses activités productives, leur donnant un savoir-faire fractionné (ex : un ouvrier spécialisé qui sait polir une table). Le savoir-faire passe des ouvriers aux chefs qui s'approprie ce savoir-faire et redistribue des activités en fonction de l'habilité de chacun.

    Dans son texte, Smith nous dit que :

    • la division du travail permet d'accroître la productivité, car permet à chacun de se spécialiser, d'être le plus efficace possible dans une seule tâche, ce qui profitera à l'ensemble de la production.
    • Les pays ont intérêt à se spécialiser dans la production de biens dont ils détiennent l'avantage absolu pour être le plus compétitif dans l'exportation de ces biens-là, et pouvoir importer ce qu'ils ont besoin en échange.

     

    > Texte : « La main invisible », Adam Smith, Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations » 4e time, Chapitre II (1776)

    L'Etat doit protéger la nation et éventuellement peut s'attacher à des activités qui ne sont pas créatrices de richesse (infrastructures). L'économie de marché est naturelle, il ne pense pas qu'il peut y avoir une autre économie possible, c'est la volonté humaine.

     

    Texte : « Providence et main invisible chez Smith », Adam Smith, Théorie des sentiments moraux (1759)

     

    B. Ricardo La répartition scolaire / profit / rente, le rôle du commerce extérieur

    [...]

    > Etat stationnaire et rendements décroissants dans l'agriculture chez Ricardo

    • Augmentation de la population → augmentation de la mise en culture des terres (même les moins fertiles) → baisse des rendements et donc augmentation des coûts de productions
    • Le prix du blé sera donc plus élevé
    • Le prix du blé affecte le prix du pain
    • Le prix du pain affecte les salaires
    • L'augmentation des salaires affecte le niveau des profits
    • Les taux de profit bas vont affecter l'investissement et dans ces condtions la motvation à investir et à produire sera moindre → état stationnaire.

     

    L'avantage comparatif de Ricardo« Dans un système d'entière liberté de commerce, chaque pays consacre son capital et son industrie à tel emploi qui lui paraît le plus utile. Les vues de l'intérêt individuel s'accordent parfaitement avec le bien universel de toute la société. C'est ainsi qu'en encourageant l'industrie, en récompensant le talent, et en tirant tout le parti possible des bienfaits de la nature, on parvient à une meilleure distribution et à plus d'économie dans le travail. En même temps l'accroissement de la masse générale des produits répand partout le bien-être ; l'échange lie entre elles toutes les nations du monde civilisé par les nœuds communs de l'intérêt, par des relations amicales, et en fait une seule et grande société. C'est ce principe qui veut qu'on fasse du vin en France et en Portugal, qu'on cultive du blé en Pologne et aux Etats-Unis, et qu'on fasse de la quincaillerie et d'autres articles en Angleterre. »Des principes del'économie politique et de l'impôt, 1817


     


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