• L1 S2

    Civilisation Japonaise


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  •  [24/01]

    Mamemameshi → assidûment

    Hatsumôde = première visite du temple de l'année, à minuit.

    Hatsu-uri = première vente de l'année

    Fukubukuro = « sac de bonheur », qui se vend pour le hatsu-uri. On ne sait pas ce qu'il y a dedans, et la valeur dépasse le prix de vente.

    04 Janvier : « shigoto-hajime » (début du travail). Les salariés rendent visite au temple en tant qu'employé. C'est aussi l'ouverture de la Bourse de Tokyo.

    Temple bouddhiste réputé pour ça : Kanda myôjin (Tokyo) : Kami du commerce. Les salariés en costume prient pour que les affaires marchent cette année. 100 000 visites ce jour.

    19 et 20 janvier : « Daigaku nyûshi sentâ shiken » premier examen d'entrée à l'université.

    573 344 candidats, 707 centres d'examen, 42,1% des lycéens en fin de scolarité y participent.

     

     [31/01]

    Setsubun 節分 : le 03 février

    La représentation typique d'un oni (mauvais esprit) est une sorte de diable rouge avec une culotte en peau de tigre. Comme on pense qu'ils ont peur des haricots il faut lancer des haricots grillés dans la maison en disant 鬼は外、福はうちoni wa soto, fuku wa uchi (les mauvais esprits, dehors ! Le bonheur, à l'intérieur !). Puis chacun ramasse autant de haricots grillés que son âge et les mange, pour que le bienfait soit absorbé.

    Risshun 立春(début du printemps) : le 04 février

    Nouvelle mode : ehô-maki 恵方巻き

    Le « makizushi », à manger entier en regardant dans la direction « porte-bonheur » de l'année. 2012 : sud-sud-est.

     

    [14/02]

    Barentain dê (St Valentine's Day) = le 14 février

     

    St Valentin à la japonaise :

    Traditionnellement...

    - Le jour où les filles « font la déclaration » aux garçons, en leur offrant du chocolat
    - La fête des amoureux
    - Le jour où les femmes montrent leur gratitude envers les hommes qui les entourent

    Honmei-choco (chocolat d'amour)
    Giri-choco (chocolat de remerciement, d'obligation sociale)
    Jibun-choco (chocolat pour moi-même)
    Tomo-choco (chocolat pour mes copines)

     

    Depuis quand ?

    • 1936 : Patisserie « Kôbe Morozoff »

    • 1958 : Grand magasin « Isetan »
    • 1969 : L'entreprise d'import du groupe Sony lance l'idée d'offir le chocolat → succès

     

    Sondage 2013 (Printemps Ginza)
    Pour vous, la St Valentin est le jour où...
    - On exprime l'amour ou la gratitude envers mon petit ami ou mon partenaire : 62%

    - On exprime la gratitude envers les gens qui ont été gentils avec moi : 44%
    - On peut apprécier du chocolat du monde entier, c'est « la fête du chocolat » : 35%
    - Je mange du chocolat pour le plaisir : 25%
    - On passe du temps avec la personne proche et importante pour moi : 20%

     
    Avez-vous l'intention d'offrir... / Le budget pour chaque catégorie ?
    - Honmei—choco : 69% / 3,497 yen

    - Giri-choco : 69% / 1,282 (pour 10,4 chocolats en moyenne)
    - Jibun-choco : 59% / 2,894
     

     

    Quels sont les destinataires de « giri-choco » ?

    Les supérieurs hiérarchiques au travail : 55%
    Mon père : 41%
    Mes collègues masculins : 38%

     

    Mode d'emploi :

    Giri-choco (« le chocolat d'obligation sociale ») :
    Pour le père, les frères, les collègues de travail...

    Honmei-choco (le chocolat pour le favori = le chocolat d'amour)
    Pour eux, le chocolat de la meilleur qualité ! Mais les garçons préfèrent recevoir du fait-maison.

    Jibun-choco : Chocolat pour soi-même.

    Tomo-choco
    Tendance chez les jeunes : 90% des collégiennes, 89% des lycéennes

    Le vrai « chocolat de déclaration » représente seulement 10,3% !

     

    Et dans un mois... (le 14/03)
    « White day » : le garçon doit offrir un cadeau en retour !

    → bonbons, cookies, et Marshmallows

     

    [21/02]

    > Premières fleurs de cerisier à Kagoshima, le 16/02/2012. Les fleurs de cerisiers font partie d'un phénomène social au Japon. Les japonais attendent l'éclosion des fleurs et suivent où il y a des cerisiers en fleurs (la météo montre une « carte fleurs de cerisier »).

    > Hinamatsuri : 03 mars = fête des filles

    • L'origine : époque de Muromachi

    • Diffusion : époque d'Edo

    → Souhaiter aux filles une bonne santé, heureux mariage et longue et vie.

    → Les éléments principaux ce sont deux poupées représentant un couple impérial de l'époque de Heian. Les grands-parents maternelle d'une petite fille lui offre ces poupées.

    → La fleur qui représente le mois de mars c'est la fleur de pêcher. Janvier/février : prunier.

    → Des plats typiques pour la fête des filles : Hamaguri (coquillages).

    → Nagashi-bina (pratique régionale) : on prépare des couples impériaux en papier et on les met sur un bateau emportés par la rivière. Ces bateaux doivent emporter les malheurs des filles qui en mettent à l'eau.

     

    [07/03]

    Début mars = saison de Sotsugyôshiki (cérémonie de sortie de l'école

    → remise du certificat de fin d'études dans un lycée : tous les gestes sont codifiés, préfixés, pour que ce soit joli et que ça ai du sens.

    → Chanson que tous les japonais connaissent : Sotsugyô shashin, MATSUTÔYA Yumi

     

    [14/03]

    11/03: deux ans. « Ce n'est pas le moment de tourner la page, on n'oublie pas ».

    • Sondage auprès des victimes du 11/03 par Asahi Shinbun :

    - La reconstruction « n'avance pas » : 81%

    - Je ne suis pas satisfait de l'aide du gouvernment durant ces deux années :

    Iwate 31%, Miyagi 34%, Fukushima 48%.

    • Quelle situation inquiète le plus ? Pour 63% c'est la situation économique.

    A Fukushima c'est la radioactivité et la santé.

     

    [21/03]

    • Premières fleurs de cerisier « someiyoshino » à Fukuoka.

    A Kyôtô pendant cette saison c'est magnifique : capitale des cerisiers.

    • Promouvoir des petites villes de province : méthodes japonaises !

    Ex : Plaque d'immatriculation originale de la ville de Sannohe avec un chat bleu.

    Plaques originales de Munakata (Fukuoka), et de Kôga (Mie).

    • Travail de fin du cursus « Imagerie de Miku HATSUNE », pendant tout le semestre les 12 élèves ont travaillé sur l'imagerie numérique autour de ce personnage.

     


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  •  L'Histoire du Japon

     

    Introduction : Quelques éléments de base

    > Périodisation(s) : « jidai » en japonais = époque, période, ère (quelques variations selon les chercheurs/ouvrages).

     

    Périodes, époques et ères :

    • « période » : désigne une étendue de temps ayant un mode ou une organisation de société (culture, social,...) identifiable. Ex : Période de Jômon, période Sengoku (1467-1568, distinguée à l'intérieur de l'époque de Muromachi (1333-1568)).

    • « époque » : correspond à un régime politique et/ou culturel.

      Ex : époque d'Edo, époque Heian.

    • « ère » : correspond à un règne d'un empreur. Ex : ère Meiji, ère Shôwa...

     

    > Schéma récurrent de l'histoire du Japon

    -------------------------------------------------------------------------------------------------------->
    3e, 4e siècle    Les japonais   « digestion »    On coupe     Milieu 19e siècle   Apprentissage
    Choc culturel   progressent    à partir de la   les relations     Nouveau choc     Assimilation
    avec la Chine   pendant que    civilisation   avec l'étranger,  culturel avec la     Production.
    → apprendre   les chinois      chinoise, la    on se referme     civilisation
    à fond ce qui     déclinent         culture                                occidentale
    existe dans la                     japonaise naît                         (Europe, USA)
      civilisation
       chinoise

    ------------------------------------------>
    3e choc culturel        Assimilation
    Fin de la 2nde           civilisation
    guerre mondiale       américaine

     

    > L'introduction à l'histoire du Japon : quelle approche ?

    • L'histoire par événements marquants, personnages emblématiques ou les « héros » → mémoire collective des Japonais

    • Etudier l'histoire → essayer de comprendre le « maintenant »

     

    Epoque Jômon (10 000 av. J.C. - 300 Av. J.C.)

    > Jômon = le motif de corde, que l'on retrouve sur les poteries de cette époque.

    > Vie par la pêche/chasse/ramassage des fruits, noix.

    > La population se déplace régulièrement. Epoque nomade, on ne cultive pas.

    > L'introduction de la céramique : poteries avec les motifs en forme de cordes. Dans la préfecture d'Aomori il y avait un village qui produisaient de l'alcool. On pensait que les japonais étaient surtout centralisés vers Nara, et de manière générale dans le Kyûshu.

    > Base des croyances japonaises d'aujourd'hui : culte de la nature, des ancêtres,...

     

    Epoque Yayoi (300 av. J.C. - 300 ap. J.C.)

    > Amélioration de la poterie.

    > L'introduction des métaux et de l'agriculture (riziculture irriguée) à partir de 450 av. J.C.

    → développement de la vie sédentaire.

    → stratification sociale et formation des royaumes.

     

    3e siècle au Japon : le Royaume Yamatai-koku

    > Descriptions sur le pays de « wa » dans les archives chinoises.

    > Relations avec la Chine : les Japonais de l'époque demandaient aux chinois de gouverner leur pays, c'est une puissance supérieure.

    > La Reine Himiko : chamane et puissante, mais elle reste mystérieuse...

    > Hiérarchie (ayant tendance à disparaître avec l'alcool...), polygamie, lois, impôts.

    > Où se trouvait le royaume ? On ne sait pas encore exactement. En tout cas il y avait plusieurs royaumes comme ça qui allaient former une alliance pour faire un royaume plus grand (on pense que c'était le cas dans la région de Nara).

     

    Période de Kofun (300-710) : début de centralisation

    > On commence à construire des tombeaux : les rois à cette époque étaient très puissants (les tombeaux de rois sont très grands). Au début on croyait que c'était des petites montagnes.

    > Formation progressive des royaumes : dans la région de Nara vers la deuxième moitié du 3e siècle → gouvernement Yamato.

    > Début de la centralisation politique.

    > Kofun = grands tumulus comme signe d'appartenance au pouvoir central. On en trouve notamment dans la région de Yamato → l'Etat clanique de Yamato (5e siècle vers l'actuel Nara).

     

    Période d'Asuka (593-710) : début de l'influence directe de la Chine

    > Ancêtres directs de la famille impériale actuelle : Prince Shôtoku, « régent » de l'impératrice Suiko. On sent encore une influence chinoise avec l'administration impériale centralisée d'inspiration chinoise. Mais aussi l'importation de l'écriture chinoise, on fait venir des professeurs et ingénieurs chinois, on absorbe la civilisation continentale.

    > La relation commence à s'officialiser.

    > Le Prince Shôtoku (574-622, « Régent » entre 592-622) a :

    • introduit et diffusé le Bouddhisme

    • publié la Constitution en 17 articles (Bouddhisme + Confucianisme + respect de l'Empereur) → principes de base de l'Etat Japonais.

    • mis en place un système de recrutement de fonctionnaires selon leurs compétences

    • commencé à envoyer l'ambassage « Kenzuishi 遣隋使 » pour la Chine des Sui (600-, puis « Kentôshi 遣唐使 » pour la Chine des Tang)

    = Personnage emblématique de l'époque, un des tournants de l'histoire du Japon.

    A Nara on retrouve une culture plus ancienne qu'à Kyoto.

    Hôryûji (?)

    Culture de noblesse = raffinement, douceur, influence de l'art indien

    Culture samurai = beaucoup plus viril, en force.

     

    Période Hakuhô (670-710)

    > Plus importante en terme culturel qu'autre chose (pas toujours considérée comme une période à part entière).

    > L'ambassade « Kentôshi » : missions pour la capitale de la dynastie chinoise Tang (618-907) à Chang'an (capitale chinoise). C'était des voyages extrêmement risqués par bateau. Le gouvernement choisissait les personnes les plus talentueuses de l'époque et les envoyait à Chang'an (on a découvert il y a 3 ans le tombeau d'un japonais de cette époque, qu'appréciait l'empereur chinois).

    > Les japonais qui revenaient de Chine ramenaient la culture chinoise et la transmettait à leur pays, occupant une fonction importante au gouvernement.

     

    Transition : vers l'époque de Nara

    Le Japon se structure sur le modèle chinois :

    * La cour impériale parraine le Bouddhisme

    * En 701 : Codes Législatifs « Taihô Ritsuryô » :

    • distribution du terrain de l'Empereur au peuple (un peu genre « ceci est mon terrain, mais je vous le prête dans ma grande bonté ») ;

    • système des impôts ;

    • services militaires ;

    • système d'administration centralisé (gouvernement – administration régionale)

       

    Epoque de Nara (710-794)

    > La construction du temple Tôdaiji à Nara (début du 8e siècle) et de son grand Bouddha, nous montre l'importance du bouddhisme à cette époque, surtout dans la couche supérieure de la société.

    > Influences culturelles et techniques directes de la Chine.

    > En 710 : Heijôkyô, la capitale de l'époque située à Nara actuel, est une imitation de la capitale chinoise à Chang'an (carrée avec une grande avenue au milieu, la résidence de l'Empereur au sud, les rues très organisées). Elle a été construite de façon artificielle, alors que d'ordinaire les japonais construisaient de façon très aléatoire.

    > Ecriture de l'histoire du Japon, les premiers ouvrages : « Kojiki (Chroniques des faits anciens) » en 712, « Nihon shoki (Chronique du Japon) » en 720.

    > Le style japonais est plus sobre que le style chinois.

    > Diffusion du Bouddhisme, mais rivalités parmi les nobles et les ecclésiastiques.
     
                           ↓
    > L'Empereur Kammu décide de déplacer la capitale.
                            ↓
    > Construction de Heiankyô à Kyôto actuel.

     

    Epoque de Heian (794-1185) : époque de la culture de noblesse

     > Heiankyô : 794 (à l'emplacement de l'actuelle Kyôto). La ville de Kyôto actuelle a gardé la structure de Heiankyô. La rivière qui longeait la ville était considérée comme une sorte de frontière entre le monde des vivants et le monde des esprits, on considérait que l'autre côté de la rivière était le monde des morts (donc on jetait les morts dans cette rivière).

    > L'entière assimilation de la culture chinoise, puis détachement: suppression de Kentôshi en 894.

    > L'épanouissement d'une élégante culture courtisane : naissance de Katakana/Hiragana mieux adaptés à la langue japonaise ; littérature (romans et poésie) → culture « japonaise ».

    Ex : Littérature de la Cour impériale du 10e – début 11e siècle :
    - Murasaki Shikibu : « Genji Monogatari (le Dit du Genji) » = genre « roman »
    - Sei Shônagon : « Makura no sôshi (Notes de chevet) » = genre « zuihitsu »

    La littérature japonaise était développée d'abord par les femmes. Les hommes s'occupaient de politique, et écrivaient des poèmes en chinois.
    - « Kokin waka shû » (recueil de poèmes), 905
    - mais aussi : « Man'yôshû » (le plus ancien recueil de poème)

    > Début 10e siècle : épanouissement de la culture « japonaise » ← fin de l'Empire des Tang en Chine

     

    Fin de l'époque de Heian : évolution

     > La Cour impériale progressivement dominée par la famille FUJIWARA

    → FUJIWARA no Michinaga (966-1027), qui a marié sa fille avec un empereur pour obtenir le statut de beau-père de l'empereur et devenir régent. La famille FUJIWARA a donc toute une suite de régents qui dominent officieusement la politique japonaise (quand l'empereur est trop jeune, le grand-père prend le relais).

    > Cette culture de noblesse était soutenue par les revenus qu'ils assuraient grâce aux impôts. Donc le système d'impôts était déjà mis en place au 8e siècle. Ils vivaient grâce à ces impôts mais il faut quand même s'assurer qu'ils soient bien payés, et pour ça ils avaient besoin des guerriers qui habitaient à la campagne et gouvernaient les districts, assurant les rentrées d'argent. C'est de cette façon que la classe guerrière va monter petit à petit, ils étaient le pouvoir effectif à la campagne et les nobles avaient absolument besoin d'eux, donc rien ne les empêcher d'avoir le pouvoir à la capitale aussi. Plusieurs camps de guerriers font leur ascension : les TAIRA (平氏, se lit aussi へいし) (ils s'emparent du pouvoir dans la:capitale au milieu du 12 siècle), qui marient leurs filles aux empereurs pour obtenir de l'influence dans la politique. La gloire des TAIRA est suivie de la guerre de Genpei (源平) (1180-1185) → les TAIRA sont vaincus en 1185 par le clan de MINAMOTO (源氏, se lit aussi げんじ) no Yoritomo (1147-1199).

    > Dan no ura no tatakai (Bataille de Dan no ura) : la mère de l'empereur Antoku (8 ans) se jette dans la mer avec son fils dans ses bras.

    > La bataille de Genpei a donné quelques personnages connus : Yoshitsune (= petit frère du chef du clan Minamoto, réputé pour être très beau garçon. Il jouait de la flute et se promenait dans la capitale. Et Benkei, souvent le synonyme de quelqu'un qui est très fort, très dur. Quand Benkei après avoir vaincu tout le monde essaye de vaincre Yoshitsune, il se fait vaincre pour la première fois de sa vie. A partir de ce moment Benkei promet d'être son fidèle vassal. Mais quand la bataille est finie le grand frère de Yoshitsune le fait chasser comme criminel, et les deux hommes (Yoshitsune et Benkei) se font rattraper par les milliers d'homme du grand frère. Alors Benkei reçoit toutes les flèches pour son maître, pour lui laisser le temps de se donner la mort dignement.

     

    Epoque de Kamakura (1185-1333) : début de l'époque des guerriers

     Shogunat de Kamakura : 1192-1333

     > Le shogunat (Bafuku) : le gouvernement militaire. Le Shogun se fait nommer par l'Empereur.

     = division « autorité-prestige » (Cour Impériale) et « pouvoir effectif » (le Shogun).

     > MINAMOTO no Yoritomo (grand frère de Yoshitsune) établit son shogunat à Kamakura (actuellement préfecture de Kanagawa) = « culture aristocrate vs culture des guerriers ». C'est le premier guerrier qui s'établit comme pouvoir politique, le premier Shogun. Il ne s'est pas intéressé à la Cour Impériale, au pouvoir de la capitale. Il décide de mener sa politique depuis la région de Kamakura (région de Kantô, près du Tokyo actuel). Les différentes cultures de l'Est et de l'Ouest du Japon viennent de cette époque là (l'Ouest étant considéré comme plus raffiné).

     > Mais les Minamoto sont remplacés par les Hôjô après seulement 3 générations : « en 1219 un assassinat interrompit la lignée des Minamoto. Les Hôjô s'emparèrent alors du pouvoir, en se contentant, selon une tradition bien japonaise, du titre de « régent » ; ils gouvernèrent le pays par l'intermédiaire de shogun fantoches choisis d'abord chez les Fujiwara puis dans la famille impériale ».

    Culture japonaise des guerriers (les Bushi)

    > Scultures : expression de puissance (1203 : Unkei & Kaikei « Kongô rikishi zô » de Tôdaiji).

    > Littérature : « Heike Monogatari » (Le Dit de Heike) = grande épopée

    > Développement du Bouddhisme :

    1. Ecoles de la Terre pure

    2. Le Bouddhisme Zen (école Rinzai (1191) fondée par Eisai (1142-1215) et école Sôtô (1227) par Dôgen (1200-1252)).

    > Littérature – récit oral par les Biwa hôshi. Le récit oral était beaucoup plus pratiqué à cette époque. Ex : « Mimi ashi Hôichi (Hôichi, sans oreilles) » :
    « C'est l'histoire d'un moine biwa hôshi aveugle qui s'appelait Kôichi. Encore jeune, il travaillait dans un temple comme apprenti. Tout le monde savait qu'il jouait très bien du biwa et chantait pour raconter des histoires d'un clan. Il savait raconter toute l'histoire du Heike Monogatari. Un jour, il était dans la jardin du temple, seul, et entend un bruit de pas venant vers lui. La personne s'arrête devant lui et lui demande d'une voix grave « est-ce que c'est toi Kôichi ? » « Oui monsieur » « Ah Ravi de te connaître. Je sers une certaine personne très noble, qui réside pas très loin d'ici. Mon maître souhaite t'écouter, ayant entendu que jouais très bien ». Kôichi est d'accord et suit l'homme à la voix grave, probablement un samurai. Ils arrivent à la résidence, et rentrent dans une grande pièce avec plusieurs personnes. Il entend des bruissements de vêtements de soie. Le samurai l'emmène au fond de la pièce et s'asseoit. « Voici Kôichi, maître, j'ai réussi à le trouver. Mon maître souhaite écouter ton histoire, veux-tu bien chanter devant-lui ? » « Bien sûr, quelle séquence voulez-vous ? » « Mon maître souhaite écouter la fin du clan Taira » « Oui bien sûr ». Il commence à chanter, et au bout d'un moment il remarque que tout le monde commence à pleurer. A la fin quand il raconte que le petit empereur de 8 ans se jette dans l'eau dans les bras de sa mère, tout la salle est en sanglots. A la fin de l'histoire personne ne dit rien. Le samurai le remercie, et lui demande de venir 7 nuits de suite, pour pouvoir l'écouter tous les soirs. Kôichi est d'accord. Le samurai le raccompagne, et tous les soirs le ramène à la résidence. Dans le temple, on se demande pourquoi Kôichi s'en va tous les soirs. Alors on le fait suivre, et on le voit rentrer dans un vieux cimetière en ruine. Il s'asseoit au milieu du cimetière et commence à jouer. A la fin, il se lève et repart. Ceux qui l'avait suivit viennent voir de plus près et remarquent qu'il y a la tombe du petit empereur de l'histoire. Ils reviennent paniqués au temple, Kôichi est possédé par les esprits ! S'il va 7 jours d'affilée là-bas, il perdra son esprit face aux fantômes. Le prêtre en parle à Kôichi, en lui disant de ne plus aller là-bas le soir. Kôichi comprend, et prend peur. Le prêtre lui dit « Je ne peux pas être là ce soir mais je vais te protéger. ». Il inscrit des sutra sur tout le corps de Kôichi, en lui conseillant de ne pas faire de bruit. Avec le sutra, il ne pourra être vu, sauf s'il fait du bruit : « Prie très fort en pensant au Bouddha et ne fait sutout pas de bruit ». Le soir venu Kôichi entend le samurai. « Kôichi, où es-tu ? ». Kôichi tremble tandis que le samurai l'appelle. « Oh... Il y a son biwa, mais il n'est pas là. Comment expliquer à mon maître que je ne l'ai pas trouvé ? … Mais que vois-je ? On dirait des oreilles ! On dirait les oreilles de Kôichi ! Si Kôichi n'est pas là, je vais prendre ses oreilles pour montrer à mon maître que j'ai quand même trouvé ça. ». Kôichi sent des grosses mains sur ses oreilles, mais il ne doit pas crier ! Le samurai arrache les deux oreilles, et s'en va. Alors Kôichi, toujours en train de prier, perd connaissance. Peu de temps après, le prêtre retrouve Kôichi ensanglanté mais en vie. Alors le prêtre réalise qu'il avait oublié d'inscrire le sutra sur les oreilles. »

    Epoque de Kamakura : menaces d'invasion du Japon par les Mongoles (1274 et 1281)

    > Deux versions : la connue, communément racontée, et celle des historiens. La version connue dit qu'il y a eu 2 tentatives d'invansion vers Fukuoka, et deux fois les japonais ont été sauvés par la tempête (le typhon). Mais les historiens ont tendance à penser que la première invasion ne s'est pas terminée par une tempête (car ce n'était pas encore la période des typhons).

    > Cet événement a fait naître une sorte de légende comme quoi le Japon est protégé par les dieux. Ceci est rentré dans la mémoire collective, jusque dans la seconde guerre mondiale, où on a repris les noms de kamikaze (nom des tempêtes qui ont sauvé les japonais durant les invasions mongoles). A la fin de la seconde guerre mondiale il n'y avait plus que peu de soldats, d'avion, et de carburant. N'ayant plus assez de carburant pour revenir, les kamikaze se jettaient sur les navires américaines tels les « vents divins », en dernier recours.

     

    Epoque de Muromachi (1333-1568)

     > Début d'une longue période d'instabilité. Les japonais considèrent cette période comme l'origine de la culture japonais traditionnelle actuelle.

     > Le shogunat de Kamakura est renversé par l'Empereur Go-Daigo en 1333.

     → Courte gloire de Go-Daigo : il est évincé à son tour en 1336 par ASHIKAGA Takauji. Il proclame que Go-Daigo était un faux empereur et que le vrai sera celui qu'il servira.

     → Takauji ouvre son shogunat à Kyôto en 1336 et commence à mener une politique effective.

     → La période en or des Ashikaga = 3e shogun : ASHIKAGA Yoshimitsu (dont la statue est dans le temple Kinkaku-ji), qui parvient à faire régner un petit peu de stabilité.

     → Relation avec la Chine : commerce avec les Ming (1405-1419).


    Epoque de Muromachi : l'origine de la « Culture Japonaise » ?

     > Période fort intéressante du point de vue culturel : rencontre de la culture de noblesse et celle des guerriers → recherche de puissance et de gloire d'un côté, la philosophie Zen de l'autre, et les expressions extrêmement raffinées.

     Ex : Théâtre No ; Suiboku-ga (peinture à l'encre de chine) ; Ikebana (arrangement floral japonais) ; Cha no yu (cérémonie du thé). Les japonais aujourd'hui considèrent ces arts comme des arts purement japonais.


    Epoque de Muromachi – Les arts traditionnels Japonais

     > Théâtre Nô : Une des caractéristiques de ce théâtre sont des masques particuliers. Autre caractéristique, les mouvements sont codés et très minimalistes (les personnages bougent tout doucement). Il faut donc être inité pour suivre une représentaton de théâtre Nô, car la gestuelle a une signification particulière. C'est un monde de rêve, très abstrait et hautement philosophique.

     > Suiboku-ga : Importé de Chine. D'après une légende, inventée par un prêtre qui dessinait au lieu de tracer des sutra.

     > Cha no yu : Gestes codifiés et déterminés. Aujourd'hui on essaye de travailler l'élégance et la perfection des gestes, mais à l'époque ça avait un autre sens : le partage d'un moment précis. La cérémonie de thé était pratiquée par les guerriers, car ils pouvaient être appelés au champ de bataille du jour au lendemain et mourir, et donc ils savouraient le moment du cha no yu.


    Fin de l'époque de Muromachi : l'instabilité

     > La guerre d'Ônin (1467-1477) : début d'un siècle de guerres entre les seigneurs féodaux = la période Sengoku (1457-1569). La classe guerrière avait accumulé pouvoir et richesse, ayant développé le commerce durant l'époque Muromachi. Donc le pays tout entier sauf Hokkaidô et Okinawa rentre dans l'instabilité : plusieurs seigneurs féodaux apparaissent et se battent.

     > Emeutes rurales (doikki) : collaborations entre différentes catégories sociales (paysans, guerriers, religieux). Ces gens-là ne fonctionnaient pas par fief, mais se réunissaient entre différentes catégories sociales pour un intérêt commun relatif à leur espace de vie. Si les seigneurs féodaux entraient en guerre il y avait des émeutes au niveau des populations.

     > Apparition des puissants seigneurs, changements de statut social (paysans → guerriers) : « Ge koku jô 下克上 (sens dessus dessous) » généralisé.

    De la période Sangoku (1467-1568) à l'époque Azuchi-Momoyama (1568-1600)

    > Trois figures emblématiques de « Seigneurs féodaux », qui ont réalisé « la réunification du Japon 天下統一 tenka tôitsu » :

    • ODA Nobunaga (1534-1582) : connu pour son caractère et doué en politique, il a entamé le travail de réunification du Japon. Mais il meurt trahi par un de ses vassaux. Petit, il était connu comme un garçon presque retardé, bien qu'il soit le fils aîné d'un chef de clan. Mais quand il arrive à l'âge de 15 ans il commence à exprimer son vrai talent et commence à gérer son clan, créant la surprise autour de lui. Il est réputé pour être quelqu'un de sanguinaire et violent (il a exterminé tous les moines d'un temple), et en même temps très doué (mis en place le système de jour de libre circulation des commerçants, une sorte de mercantilisme). Il était très doué à la guerre, et a été le premier à utiliser des fusils. Il n'avait pas peur d'être traité de lâche. La tradition était que les chefs se présentent et fassent un duel, mais lui il tuait dans l'anonymat, de loin avec ses fusils. → Esprit innovateur, ouvert (protégeait les chrétiens), sale caractère, jusqu'au-boutiste, comportement hors-norme.

    • TOYOTOMI Hideyoshi (1537-1598) : Fils de paysan, il sert ODA Nobunaga et connaît une fulgurante ascension sociale pour devenir lui-même seigneur : après la mort de son maître, il réussit le « Tenka tôitsu (réunification du Japon) ». Lorsqu'il servait Nobunaga, il ne se contentait pas de le servir basiquement, mais montrait vraiment des qualités (il réchauffait ses chaussures avant de lui amener), ce qui lui a valu l'affection de son maître qui en a fait son bras droit. Le traître avait réussi à « contrôler le monde » (三日天下 mikkatenkapendant 3 jours, avant de se faire tuer par Hideyoshi. Lorsqu'il devient chef, il continue le projet de réunification du Japon de son maître et y parvient. C'était quelqu'un qui adorait le luxe donc tout ce qu'il a laissé exprimait la richesse. On dit aussi qu'il aimait les femmes, bien qu'il fut très laid (son maître l'appellait « singe »). Lorsque Nicolas Sarkozy est devenu président, les japonais l'ont comparé avec Hideyoshi.

    • TOKUGAWA Ieyasu (1543-1616) : Très intelligent, il attend le bon moment pour prendre le pouvoir. C'est le fondateur de la Tôkyô actuelle, ayant son quartier général à Edo.

    Ces 3 personnes sont tellement connues qu'on compare les hommes politiques d'aujourd'hui à eux.
    → 3 seigneurs légendaires avec chacun leur caractère :
    « Nakanu nara nakumade natô Hototogisu » Ieyasu
    Si tu ne chantes pas j'attendrai jusqu'à que tu chantes.

     « Nakanunara nakasetemiseyô Hototogisu » Hideyoshi
    Si tu ne chantes pas je te ferai chanter.

    « Nakanunara koroshiteshimae Hototogisu » Nobunaga
    Si ne chantes pas je te tuerai.

     

     Découverte de l'Europe : 16e siècle

     > 1543 : découverte des armes à feu (mousquets à mèche)

     > 1549 : premiers missionnaires, François XAVIER, qui viennent au Japon pour évangéliser. Cela marche bien au début car Nobunaga y voyait un intérêt économique.

     > Après la mort d'Hideyoshi, il était question de choisir le nouveau chef et Tokugawa Ieyasu était là. Mais il y avait des concurrents, donc une bataille éclate en 1600 et se développe en « la bataille qui divise le monde en deux » : la Bataille de Sekigahara.

     

    Epoque d'Edo (1600-1868)

     > L'époque d'Edo est situé selon les historiens au début du shogunat d'Edo en 1603, ou en 1600 avec la bataille de Sekigahara.

     > TOKUGAWA Iyeasu, après la mort de Hideyoshi, établit un shogunat puissant et stable dans la ville d'Edo (Tôkyô actuel).

     1603 : TOKUGAWA Iyeasu nommé shogun → les TOKUGAWA renforcent leur régime par :

    • L'élimination des descendants de Hideyoshi

    • Le replacement des daimyô (seigneurs féodaux)

    • L'interdiction de la religion chrétienne à partir de 1612

    • La limitation et contrôle des échanges avec le monde extérieur

    • Des lois définissant des obligations des daimyô et des familles nobles en 1629 :

      * Système sankinkôtai : tous les seigneurs devaient avoir une résidence à Edo où ils passeront une année, puis une année dans leur fief, puis une année à Edo,... Ces allers-retours coûtaient très cher, donc cela les affaiblissaient économiquement, ce système était favorables aux fiefs proches des Tokugawa.

      * Les samurai devaient étudier l'art de la guerre comme les sciences.

      * Les membres de la famille impériale doivent faire des études et exceller dans ce qu'ils font. C'est depuis ce temps là que tous les membres de la famille impériale font des études avec des spécialités n'ayant rien à voir avec la politique.

    • Etablissement de la hiérarchie : Samurai – Paysan – Artisan – Marchand. Mais ce n'était pas si hiérarchisé que ça, c'était plus des catégories sociales, la hiérarchie vraiment marquée était surtout entre la catégorie des nobles et des samurai, et celle des autres.

    • Et enfin la fermeture du pays (sakoku).

     

     Sakoku (fermeture du pays)

    > Objectifs : Tout d'abord interdire le christiannisme, et ensuite empêcher les seigneurs puissants de l'ouest de s'enrichir et monopoliser l'intérêt économique des commerces avec les étrangers.

     > Procédures :

    • 1612 : Interdiction du Christiannisme.

    • 1616 : Limitation de la venue des bateaux européens aux ports de Hirado et de Nagasaki, pour éviter que les échanges ne se fassent partout.

    • 1624 : Interdiction des bateaux espagnols (ils étaient moins intéressants économiquement et tentaient d'évangéliser les japonais).

    • 1633 : Interdiction généralisée (des bateaux), sauf autorisation gouvernementale.

    • 1635 : Interdiction au peuple japonais de sortir du/rentrer dans le territoire.

    • 1637-38 : Emeute d'Amakusa – Shimabara (par la population chrétienne de Kyûshû) → oppression.

    • 1639 : Interdiction des bateaux portugais par TOKUGAWA Iemitsu, 3e shogun.

    • 1941 : Le seul port ouvert à l'étranger est Nagasaki. Seuls les Hollandais (car ils n'étaient pas catholiques) et les Chinois sont autorisés aux commerces. Les principales importantations sont la soie chinoise et les tissus en coton ou en soie, et les principales exportations sont l'argent, la porcelaine, et les produits de la mer.

    > Une fermeture totale ? On sait maintenant que le bakufu de Tokugawa avait essayé de contacter certain pays d'Europe pour faire du commerce, mais finalement ça n'a pas réussi. De plus le Japon avait des relations d'autres pays d'Asie, ainsi que l'ethnie Aïnu qui vivaient à Hokkaidô.

     

     Epoque d'Edo : Société et Culture

     > Durant ces 250 ans de paix exceptionnelle, la population citadine - artisans et commerçants - s'enrichissent de plus en plus en formant une couche sociale équivalente aux bourgeois européens. Une pyramide sociale à 4 étages apparaît : Bushi – Paysan – Artisan – Marchand. C'est surtout une séparation entre les aristocrates et les autres : Bushi/Noble 7% ; Paysans 85% ; Artisans/Marchands 6% ; + Eta/Hinin 2%, tout en dessous de la pyramide (hinin = non-humain) qui sont discriminés. Cette partie de la population sont les criminels, et les gens ayant un métier lié à la mort considéré comme criminel. Ce sont des métiers impurs transmis de génération en génération dont on ne pouvait pas sortir. Les artistes également ont subis quelques discriminations. Le peuple japonais ne présentant pas vraiment de différences physiques, les discriminations se portaient notamment sur les métiers. De nos jours il est très difficile pour un étranger de trouver du travail au Japon.

    > Le préceptes du confucianisme sont reconnus comme valeurs « officielles » : sobriété, loyauté, valeur du travail, le respect de l'ordre social,... Le régime Tokugawa a intelligemment utilisé ces dogmes pour stabiliser la structure sociale.

    > Sur cette base, les japonais vont produire plein d'éléments culturels et c'est également la période de l'épanouissement de la culture citadine. Kyôto reste le centre de la culture de la noblesse, tandis que se développe une culture différente dans les deux grandes villes de l'époque, Edo et Osaka :

    • Culture de consommation et ses valeurs : l'éphèmère. Avec le développement économique, les japonais ont apprécié le fait de dépenser beaucoup d'argent d'un coup, par exemple le temps d'une soirée.

    • « iki » (cool, chic, sensuel) : on veut être bien habillé, classe.

    • « wabi » (époque Muromachi), « sabi » (MATSUO Bashô et le Haiku)

    • L'art + l'artisanat → ex : « Rinpa », apprécié chez les Daimyô, sur les ustensiles de la vie quotidienne (ex : coffret pour calligraphie, avec la technique de « makie »). Sens du « design », on ne peint pas un tableau pour lui-même, on peint plutôt sur les tables, des paravents, des ustensiles,...

    → Frivolité et sobriété se côtoient.

    > Sobriété et raffinement de la noblesse : Katsura rikyû (résidence Katsura) à Kyôto (16e-17e).

    > Développement de l'art populaire :

    • « Ukiyoe » (peinture du monde flottant) : HISHIKAWA Moronobu.

    • Théâtre de Marionnettes (Bunraku).

    • Théâtre populaire : Kabuki.

    > A partir du 18e, il y eu plusieurs réformes. Par exemple, le « décret d'interdiction du luxe », diffusé 258 fois pendant l'époque d'Edo !

    > Les contacts et les connaissances venant d'Europe (surtout avec les Hollandais) sont rares, donc très récherchés, et réservés aux privilégiés.

     

     De la fin de l'époque d'Edo (Bakumatsu) à la Restauration de Meiji

     > Pourquoi et comment le régime de Tokugawa prend-il sa fin après 250 ans de paix ?

    • Le début de la fin de l'Epoque d'Edo se passe en 1853 avec l'arrivée des « Kurofune » (vaisseaux noirs). Ce fut un choc pour les japonais qui n'en avait jamais vu :

    • Juin 1853 : Arrivée du Commodore Perry (USA).

      4 « vaisseaux noirs » accostent à Uraga (baie d'Edo).

    • Message du Président Fillmore demandant l'ouverture du pays. → indécision du bakufu.

    • En mars 1854, Perry revient avec 6 mois d'avance et obtient l'ouverture des ports de Shimoda et de Hakodate : le Grand Ancien II Naosuke signe le traité « de paix et d'amitié » avec les USA, l'Angleterre, la Russie et la Hollande

    → Fin de « sakoku », l'ouverture du Japon.


    • 1858 : Les traités commerciaux avec les USA puis les Européens (y compris la France) sont considérés comme des « traités inégaux » car il n'y a pas de droit de douane au Japon et à cause de l'exterritorialité aux Occidentaux. Conséquences :

    → La faiblesse du shogunat révélée.

    → L'ouverture précipitée au commerce international plonge l'économie japonaise dans une grande confusion

    → Critique et mécontements des japonais envers le bakufu

    → Hostilité envers les étrangers et l'éveil de conscience national.

     

    Menaces des puissances occidentales : que faire pour se défendre ?

    • Renversement du régime Tokugawa, ou la loyauté envers le bakufu ?

    • 2 grands fiefs, moteur d'évolution du Japon : Chôshû (Yamaguchi) et Satsuma (actuel Kagoshuma) contre le bakufu. Ils sont pour la légitimité impériale : mouvement de « sonnô-jôi » : « Honorez l'Empereur, expulsez les barbares ».

    → Retour du Tennô dans l'histoire du Japon.

     

    L'empereur vs le Shôgun : 2 loyautés.

    Répression du Bakufu : le Grande Ancien Ii Naosuke arrête et exécute des leaders du mouvement « sonnô ». Il est assassiné par les samurai du fief de Mito (actuel Ibaraki) en 1860.

    → Pro-Bakufu : politique d'union entre le shôgun et la famille impériale par le mariage.

    → Pro-Empereur : radicalisation du mouvement

    => Le Bakufu met en place la brigade « shinsen-gumi », chargée de protection de la ville de Kyôtô = répression des éléments radicaux pro-Empereurs.

     

    Les clans Chôshû et Satsuma : moteur du changement du régime

    Ces deux fiefs jouent un rôle décisif dans le processus de Restauration de Meiji.

    Radicalisation des mouvements d'expulsion des étrangers :

    • 1861 : Assassinat d'un traducteur Américain

    • 1862 : Agression/exécution des 3 Britanniques par les samurai de Satsuma

    • 1863 : Guerre « Satsuma vs Britanniques »

    • 1864 : Guerre de Shimonoseki : « Chôshû vs Britanniques + France + USA + Hollande »

    → Prise de conscience de la nécessité de moderniser le pays.

    → Apparition du mouvement de renversement du bakufu (TAKASUGI Shinsaku de Chôshû) :

    1864 : Chôshû se révolte contre le Bakufu. Chôshû attaque Kyôtô, mais perd la bataille. Chôshû est désigné comme « l'ennemi de l'Empereur ».

    1865 : Le Bakufu essaie de soumettre Chôshû, 1ere campagne. Il réussit plus ou moins.

    1866 : Alliance militaire secrète entre Satsuma (SAIGO Takamori) et Chôshû (KATSURA Kogorô)

    1866 : 2ere guerre contre Chûshû, mais Satsuma refuse d'envoyer leurs soldats → défaite du Bakufu

     

    Légendes de Bakumatsu :

    SAKAMOTO Ryôma (1836-1867)

    Issu d'une modeste famille de samurai, il crée le « Kaien-tai » et commerce avec les Britanniques. Convaincu de la nécessité du changement de régime pour le Japon, il réalise l'alliance « Satsuma-Chôshû » en 1866. Il est assassiné à Kyôtô à la veille de la Restauration du Meiji.

    TAKASUGI Shinsaku (1839-1867)

    TAKASUGI (Chôshû) crée le « Kiheitai » = l'armée populaire inspirée de l'armée occidentale moderne. L'origine de la victoire de Chôshû contre le Bakufu. Mort de tuberculose à l'âge de 27 ans.

     

    SAIGÔ Takamori (1828-1877) :

     * Issu d'une famille modeste de bushi, il gagne très vite confiance de plusieurs cadres de son fief (Satsuma).

     * Homme politique stratège militaire hors du commun, il joue un rôle décisif dans les procédures de passage du pouvoir entre le Bakufu et l'Empereur.

     * Il fera partie du gouvernement Meiji mais connaîtra des conflits avec ses collègues. Déçu, il rentre dans son pays et ouvre une école. Homme de confiance, il sera désigné chef de l'émeute des samurais mécontents contre le gouvernement Meiji, avant de mettre fin à sa vie.

     

     Le dernier Shôgun et le retour de l'Empereur

    • 1866 : décès du 14e Shôgun Ieshige → 15e et dernier Shôgun Yoshinobu = tentative de modernisation du Japon sous le contrôle du Bakufu.

    • 1866 : décès de l'Empereur Kômei (courant unification Empereur-Bakufu) qui est remplacé par l'Empereur Meiji (courant contre le Bakufu).

    • 1867 : « La remise du pouvoir à l'Empereur » : Yoshinobu démissionne et remet le pouvoir à l'Empereur, mais fait office de premier ministre et tente de moderniser le bakufu.

    • Décembre 1867 : « Déclaration de reprise du pouvoir politique effectif par l'Empereur », préparée par Satsuma-Chôshû.

     

    Meiji ishin : le dernier Shôgun et la « restauration de Meiji »

    • Janvier 1868 : Une courte guerre intérieure (civile) éclate à Kyôto : « la guerre de Boshin » (le Bakufu vs le nouveau gouvernement Satsuma-Chôshû).

    • Le shôgun Yoshinobu repart à Tôkyô en apprenant la nouvelle de la défaite à Kyôto → se retire de la politique.

    • Emeutes et pillages généralisés.

    • Fin tragique de la brigade « shinsen-gumi ».

    • Avril 1868 : « l'entrée sans sang au château d'Edo » réalisé par le nouveau gouvernment (Chef : SAIGÔ Takamori, Satsuma) : le mouvement contre était quasi inexistant.

    • Fin des guerres civiles en mai 1869.

    • Septembre 1868 : Nouvelle ère : Meiji.

    • Octobre 1868 : l'Empereur déménage à Tôkyô (la ville d'Edo a changé de nom en juillet).

    → Mise en place du nouveau régime politique autour de l'Empereur, afin de moderniser le pays.

    Ces évènements entre la fin du régime du bakufu jusqu'à la mise en place du nouveau gouvernment = Meiji ishin 明治維新. Le nom vient de la restauration de l'empereur.

     

    > La modernisation ou l'occidentalisation du Japon se réalise de quelle façon ?

    > Les évènements et les protagonistes avant et après 1868 (Meiji ishin).

     

     

    L'Ere Meiji (1868-1912)

     > Période extrêmement importante dans l'histoire du Japon. C'est l'occidentalisation, la modernisation, la démocratisation, l'industrialisation. Mais aussi l'expansionnisme, l'impérialisme et le militarisme.

     > Conscience de la crise (menace des pays occidentaux)

     Mécontement envers le régime Tokugawa = soif de liberté et de nouveauté.

     > Comme l'Allemagne, le Japon se lance dans l'expansionnisme très tard. L'effort pour rattraper mes autres pays est ma cause du succès du début de la guerre.

     

     Politique Intérieure

     Destruction du régime Tokugawa

     • 1868 : Déclaration impériale en 5 articles, mise en place du système « cours impériale + Satsuma-Chôshû ».

     • 1871 : * Abolition du système de fiefs → centralisation du pouvoir
    * Suppression des castes : aristocrates et nobles sont conservés, mais suppression de la classe guerrière. Perte de leurs privilgèes plus de revenus, plus le droit de porter le sabre. Leur notion du respect de la classe sociale les empêche de se rebeller.

     

     Mise en place d'un nouveau système

     > Changement du système d'imposition : les paysans sont imposés par rapport à la superficie de leur terrain.

     > Fukoku kyôhei : « un pays riche et une armée forte ».

     → service militaire

     → construction des usines publiques : produit des armes, des bateaux, tout ce qui sert à la guerre.

     > Education obligatopire de 6 à 12 ans. Création de l'université de Tôkyô (1869-1877). Les japonais s'inspirent de l'Occident pour toutes ses réformes.

     > Mission Iwakura (1871-73) :
    Envoyer l'élite en Europe et aux Etats-Unis avec deux objectifs : préparer le terrain pour négocier les traités inégaux, et étudier ce qu'il se passe en Occident pour choisir tel ou tel paus comme modèle dans chaque domaine.

     

     Politique de Bunmei kaika :
    Modernisation + Occidentalisation = Politique éclairée

     > Shokusankôgyô = industrialisation

     > Fukoku kyôhei = pays riche, armée forte.

     > Datsua nyûô = sortir de l'Asie, entrer dans l'Occident, car l'Asie est « en retard ».

     > « Occidentalisation des moeurs » : politique et mode ; idée de supériorité de la civilisaton occidentale.

     → La rénovation de l'ère Meiji est lancée par le haut, mais soutenue par le bas. Par exemple La haute société apprend très vite à danser pour les bals, à utiliser couteaux et fourchettes, etc.

     Vestimentaire : Policiers et fonction publique en uniforme occidentalisés en premier.

     Cheveux : Les samurais doivent couper leurs cheveux, ils se sentent humiliés.

     Alimentation : ex : première glace à Yokohama, en 1869. Arrivée du bœuf, l'Empereur est le premier à en manger pour montrer l'exemple.

     

     Meiji : Art et Culture

     La négation de l'époque d'Edo et l'occidentalisation

     > Peinture :

     • Deux styles : le Nihon-go (KANO Hôgai (1828-88) : Hibo-kannon (1888)) et le Yô-ga (TAKAHASHI Yuichi (1828-94) : Tôfû (1877)).

     • Influence de la peinture occidentale : la perspective. Ex : Kabushika Hokusai (1760-1849) « Fugoku 36 Kei » vers 1831.

     • Techniques apprisent dans des encyclopédies Hollandaises. Ex : SHIBA Kôhan (1747-1818).

     • TAKAHASHI Yuichi découvre les Beaux-Arts occidentaux (l'intérêt du réalisme) et approfondit ses connaissances en peinture avec un professeur anglais, Charles Wirgman (journaliste peintre). Il est le premier peinture du courant yô-ga.

     • Les peintres japonais perdent confiance en leur art, mais le retour de la peinture japonaise se fait avec KANO Hôgai avec Hibo-kannon en 1888, qui représente des divinités bouddhiques inspirées du christiannisme. Il est aidé moralement et financièrement par l'américain Ernest Francisco FENOLLOSA. Il a modernisé la peinture japonaise.

     • UTAGAWA Hiroshige III (1897-1858) : estampes traditionnelles.

     > Littérature : « invention » du nouveau langage écrit → expression plus libre de la réalité de l'existence humaine. Ex : SHIMAZAKI Tôson, NATSUME Sôseki, MORI Ôgai, MASAOKA Shiki, YOSANO Akiko (poète femme). « Wayôsetchû ».

     

     Mouvement de démocratisation

     > Jiyû minken undô, mouvement pour la liberté et la démocratie : mouvement contre le système « Satsuma - Chôshû » :

    • Demande de la création de la Diète

    • Formation des partis politiques

    • « Alliances pour la création de la Diète » en 1880 → pétition de 320 000 personnes (4% des hommes majeurs, mais 25% des chefs de famille).

      → Le gouvernement accepte et crée la Diète et la Consitutition pour 1890.

    • Mouvement pour l'émancipation des femmes → effet de synergie avec les émeutes.

     

    Construction de la constitution

    > Deux partis centraux :

    • Parti libéral (Jiyû tô) : courant français, basé sur les droits de l'Homme.

    • Parti pour la création de la Constitution et le progrès (Rikken kaishintô) : courant britannique, démocratie parlementaire.

    > La contitution impériale du Japon, ou Consitution de Meiji en 1889 :

    • Préparé par ITO Hirobumi (gouvernement), sur le modèle Allemand, et promulgué par le 19 tennô : souveraineté à l'Empereur, signature des traités, législations,...

    • La diète sur le modèle britannique : 2 Chambres.

     

    Emeutes

    > Nouveau système d'imposition (1873) → émeutes des paysans

    > Suppression de la caste de bushi (guerrier), qui n'ont plus le droit à leurs armes, à leur statut, à leurs longs cheveux → émeutes des anciens guerriers

    • 1874 : émeute de Saga → Kumamoto, Fukuoka, Yamaguchi

    • 1877 : Seinan sensô : la guerre de Seinan. Chef : SAIGÔ Takamori (Satsuma).

     

    Les Kanji et les Japonais (Meiji-après guerre)

    > L'objectif d'occidentalisation : 2 courants d'idées en conflit.

    → Utilisation massive des kanji.

    → Abolition / abandon des kanji. Deux courants :

    • Adopter une langue européenne comme langue officielle du Japon.

      Ex : MORI Arinori, Ministre de l'éducation (1873), voulait adopter l'anglais.

      SHIGA Naoya, écrivain (après-guerre), voulait adopter le français.

    • Adopter une transcription phonétique avec l'alphabet, ou avec les kana.

    => Langue « avancée » = langues européennes = transcription phonétique, sans kanji.

    => Sentiment de « honte », négation de la culture japonaise (Meiji/après guerres).

    > Etat actuel du système d'écriture japonais :

    • Hiragana/Katakana : 46 signes.

    • Normalisation des formes usuelles en 1900.

    • Utilisation des katakana pour les mots d'origine étrangère : augmentation sensible après-guerrres.

    • Kanji :

    • Kanji usuels (jôyô kanji) : 2136 kanji. Avant cela c'était 1850 kanji en 1946 (mesure transitoire pour les abolir), puis 1945 kanji en 1981 avant de se fixer à 2136 en 2010.

    • Kanji de l'éducation/de l'apprentissage (kyôiku kanji ou gakushû kanji) : 1006 kanji. En 1948 881 kanji étaient désignés pour le programme scolaire de l'école primaire,115 ont été ajoutés en 1968 et ont fini à 1006 plus tard.

    • Kanji pour les prénoms (jinmei kanji) : 488 kanji.

    • Tendance actuelle

    • Kaken = Nihon kanji nôryoku kentei (test de compétence en kanji).

      2 kyû (niveau fin lycée) = 2330 kanji.

      Pré-1 kyû (niveau université) = 3000 kanji.

      1 kyû (niveau supérieur) = 6000 kanji.

    • Diffusion d'ordinateur = augmentation du nombre de kanji utilisés.

     


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  •  Petites Parenthèses

              Wa, Yamato Nihon, Nippon, et le Japon

    * « Wa (petites personnes) » : le nom utilisé par les Chinois (prononciation « wo » en chinois)

    * L'Etat de Yamato utilisait « Yamato », transcrit avec les écritures « 倭 » ou « 大倭 »

    * Apparition de l'écriture « 日本 » ← à l'origine, le Prince Shôtoku a utilisé l'expression « le pays où le soleil se lève » (dans une lettre pour l'empereur de Chine). Déjà le Prince Shôtoku se mettait à égal avec l'empire chinois (qui n'a pas apprécié).

    * Attesté vers la fin du 7e siècle, « 日本 » aurait été prononcé « yamato ».

    * Au 8e siècle, l'écriture « 和 » (prononcé « wa », sens : harmonie, entente) remplace « 倭 ».

    * Ainsi, « 日本 » et « 和 » désignent tous les deux le Japon. On voit également « 大和 » prononcé « yamato ».

    * L'écriture « 日本 » se prononce « nihon » à partir de l'époque de Heian (8e-12e).

    * Au 16e siècle, les Jésuites notent les prononciations « nihon » « nippon » pour « 日本 ».

    * L'appellation « Japan » ou « Japon » proviennent de « Zipangu » ou de « Jipangu » notés par Marco Polo à partir de la prononciation chinoise.

    * Le gouvernement de Meiji choisit la prononciation « nippon » comme officielle.

    * Actuellement, « 日本 » est prononcé « nihon » ou « nippon ».

     

              Habitat 住まい (sumai)

    Introduction : (ie) うち(uchi)

    Les japonais aiment bien conserver les vieux édifices mais le problème c'est qu'avant les bâtiments étaient en bois. En moyenne une maison ne tient que 40 ans.

    Habitat : élément qui évolue relativement lentement car :

    • Cela représente une charge économique conséquente

    • Durée d'utilisation longue (quoique...)

    • Rapport étroit avec le climat / les conditions géographiques de la région en question

    • Rapport étroit avec les normes sociales / les mœurs

     

    Plusieurs types d'habitations :

    • Nihon kaoku, maison japonaise traditionnelle. La maison est un peu soulevée par rapport au sol, il y a un couloir qui entoure la maison et des portes coulissantes.

    • Tateuri jûtaku (30 000 000 – 40 000 000 yen à 1h de Tokyo). Maison récente, de style occidental.

    • Danchi, équivalent de HLM

    • Apâto, petit studio, dans une sorte de maison.

    • Manshon (28 000 000 yen à Osaka), l'équivalent de nos appartements à nous, qui peuvent être grands, dans de grands immeubles.

    D'après un sondage les maisons préférées des japonais sont d'abord les maisons individuelles style japonais, puis les maisons individuelles style occidental.

     

    Caractéristiques générales : maison traditionnelle

    > Matière : le bois, car c'est la matière que l'on trouve le plus facilement, et c'était trop difficile et trop coûteux de faire avec des pierres. Mais c'est relativement fragile, risque d'incendie.

    → mais facile à (re)construire = adapté aux conditions climatiques du Japon (tremblement de terre, typons, etc)

    > Ouverture à l'extérieure importante, polyvalence des pièces. On voit le jardin.

    > Espaces « uchi (intérieur) » et espaces « soto (extérieur) ». Uchi c'est l'espace personnel, on ne rentre pas avec les chaussures, on les enlève dans le Genkan (l'entrée de la maison).

     

    Evolution de l'habitat chez les Japonais

    > Avant Meiji : inspiration chinoise au niveau de l'apparence, mais la maison reste quelque chose de personnel.

    > L'ère Meiji-Taishô (milieu 19e – début 20e)

    • Introduction de l'architecture occidentale : public → privée. Ex : La gare de Tokyo (1914), construite selon le style occidental car c'est un élément public.

    • 和洋せちゅう (wayô setchû)

      * Forme occidentale – matières japonaises. Ex : Résidence occidentale mais construite en bois.

      * Forme japonaise – matières occidentales

      * Forme « wayô setchû ». Ex : Maison wayô setchû : rez-de-chaussée typiquement japonais avec des étages style occidental. / Maison de Satsuki et Mei dans Totoro 

      * Intégration des pièces « à l'occidentale » dans une maison japonaise.

     

    Les composants d'une maison japonaise :

    げんかん genkan : l'entrée de la maison → se déchausser

    いま ima : salle de séjour

    しんしつ shinshitsu : chambre

    きゃくま kyakuma : pièce pour recevoir les invités (ôsetsuma = salle de réception)

    とこのま tokonoma : Espace un peu décoratif, avec un élément japonais (calligraphie, ou fleur,...), et près de la fenêtre c'est la « place haute », où l'invité ou le chef de famille s'asseoit.

    だいどころ daidokoro : cuisine

    おふろば ofuroba : salle de bain / せんめんじょ senmenjo : lavabo

    おてあらい otearai / トイレtoire : toilettes

    押入れ oshiire : placard à la japonaise

    たたみ tatami

    にわ niwa : jardin

     

    Eléments de base pour une pièce japonaise : tatami, shôji, et fusuma.

     

               Historique du système d'écriture au Japon

     Origine des Kanji

    D'après la légende chinoise : il y a très, très longtemps, Souketsu inventa les kanji en observant les traces de pattes des oiseaux et des animaux ; les millets tombaient du ciel et les démons criaient... (Vers 2e siècle avant J.C.)

    • Vers 1300 av. J.C. En Chine

    • La forme la plus ancienne archivée : Kôkotsu-moji (14e av. J.C. - 11e av. J.C.) : inscriptions sur les carapaces de tortues ou des os des animaux. Utilisation pour le chamanisme par les rois.

    • Kôkotsu-moji (14e-11e av. J.C.) → Kinbun (11e-8e av. J.C.) → Tenbun → Reisho

     

    Importation intensive des kanji au Japon (3e ou 4e siècle – 10e)

    • Période 1 = 3e ou 4e siècle – 6e siècle

    Ex : 如来 (nyorai) « nom d'un bouddha » / 精進料理 (shôjin ryôri) « cuisine shôjin (bouddhiste) / 外科 (geka) « chirurgie » / 小児科 (shônika) « pédiatrie »

    → Missions « Kenzui-shi » (600-618) et « Kentôshi » (670-894)

     

    Modifications phonétique des kanji

    Prononciation « on » « chinoise »

    Ex : yong « travail » → yô

      東tong « l'Est » → tô

      鈴ring « clochette » → rei

     

    Prononciation « kun » « japonaise »

    Ex : [yama], « montagne » dans la langue japonaise → on prenait deux kanjis qui se prononçait [ya] et [ma] pour faire [yama] : 也ま / 夜麻 → 山

    [ame] « pluie » : 安女 → 雨

    [yakumo tatsu] « huit nuages apparaissent »

     

    Procédure d'introduction des kanji dans la langue japonaise

    > Emprunts directs des mots et des écritures chinoises dans la langue japonaises.

    > Utilisation phonétique des kanji (→ modification de prononciation)

    > Utilisation sémantique des kanji

    > Ajouts des prononciations japonaises correspondant au concept exprimé par le kanji

    → multiplication des prononciations

     

    Application de plusieurs prononciations pour un caractère

    Soleil, jour : [nichi] prononciation 3e-6e (cf Nanjin)

                   [jitsu] vers 8e ([jit] → [jitsu])

                   [hi] prononciation japonais (kun 1)

                   [ka] prononciation japonaise 2

    11月3日は祝日で、日曜日です。

    Jûichigatsu mikka wa shukujitsu de, nichiyôbi desu.

    Le 3 novembre c'est un jour férié, et c'est un dimanche.

     

    Humain, homme : [nin] [jin] [hito]

    L'Est : [tô] [higashi]

     

    Correspondances croisées entre sens, prononciations chinoises et japonaises

    • pron.chin. [shêng] « vie »

    lecture on : shô / sei

    lecture kun : u-mu « accoucher, engendrer » / u-mareru « naître » / i-kiru

    とる [toru] japonais : « prendre »

    取る « prendre »

    捕る « capturer un petit animal ou un insecte »

    採る « embaucher une personne, prendre une décision »

    写真を撮る « prendre une photo »

    執る « prendre la direction, exécuter »

    獲る « capturer un animal (chasse/pêche »

    « prendre de l'énergie »

    « voler quelquer chose »

    « enregistrer »

     

    Conséquence de l'emprunt des kanji :

    > La langue japonaise a pu enrichir son vocabulaire très rapidement

    > Les japonais peuvent désormais écrire

    > Les japonais ont gagné l'accès à la civilisation chinoise

    mais...

    > La langue japonais a, en quelque sorte, cessé de décelopper ses propres concepts abstraits.

     

    Elaboration de hiragana et de katakana (10e)

    • Kanji 漢字 = mana 真字 (véritable écriture)

    • Kana 仮名 « écriture provisoire »

     

    • Katakana 片仮名 ou Otoko-de 男手 « écriture masculine » pour des textes administratifs ou pour des études. → textes officiels

    • Hiragana 平仮名 ou Onna-de 女手 « écriture féminine », utilisée dans la Cour impériale par les courtisanes, reconnaissance officielle à partir de 905.

    → utilisée pour l'écriture des romans (ex : Sei Shônagon « Makura no sôshi (Les notes de chevet) » vers 1001 ; Murasaki Shikibu « Genji monogatari (Le Dit du Genji) » vers 1010). → textes privés

     

     Intégration des kanji et leurs valeurs sociales : 3 étapes.

    > 4 catégories de mots composant le japonais actuel.

    • wa-go 和語(Yamato-kotoba) : mots d'origine japonaise. Ex : Hitotsu 一つ « une unité » ; ômune おおむね “de façon générale”

    • Jion-go 字音後 : mots d'origine choinoise, ou mots composés de Kanji (fabriqué au Japon).

      Ex : nihongo 日本語 (langue japonaise), genzai現在 (moment actuel).

    • Gairai-go 外来語« mots venant de l'étranger »

      Ex : コップKoppu ; ケーキkêki

    • Konshu-go : mots « mixtes »

      Ex: Keshigomu 消しゴム ; pan'ya パン屋

    Wa-go et Jion-go = 85%, Gairai-go 10%, Konshu-go 5%.

    → Comment les japonais sont-ils arrivés à l'état actuel ?

     

    Etape 1 (Heian-Kamakura) : utiliser des mots chinois en mélangeant avec le japonais.

    Ex : (o-gaki, démon masculin), (me-gaki, démon féminin), (za-shiki, salon).

    Mais plus récemment aussi (tanjô-bi, anniversaire).

     

     Etape 2 (Moyen-âge – avant l'ère Meiji) :

    Mot japonais → appliquer des kanji → prononciation « on »

    Kaeri goto (réponse) retour chose hen-ji (réponse)

    Oo-ne (groose racine) gros racine daikon (radis daikon)

    Autres exemples : (無茶mucha : folie, démesuré) (書体shotai : ménage) (立腹rippuku : se mettre en colère) (大切taisetsu : important, précieux).

    → Les mots japonais = centraux

     

    Etape 3 (Meiji-Taishô) : traduction des nouveaux concepts par les kanji.

    Ex : 政治 (« politique » = « gouverner » → seiji = politique).

    自由 (« soi-même » + « dépendre » → jiyû = liberté).

    Autres exemples :社会(shakai : société), 経済(kenzai : économie), 個人(kojin : individu), 生活(seikatsu : vie quotidienne), 文明(bunmei : civilisation), 芸靴(geijutsu : beaux-arts), 野球(yakyû : baseball),...

    Caractéristiques :

    • Mots constitués de 2 kanjis = imitation du chinois

    • Enormément d'homonymes : ”貴社の記者、汽車で帰社”= « kisha no kisha, kisha de kisha » = « Le journaliste de votre société est retourné à son travail en train ».


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     L'Histoire du Japon


    Civilisations néolithiques - Genshi-Jidai : Jômon & Yayoi

    On situe les débuts de la civilisation japonaise à l'époque Jômon, aux alentours du Ve millénaire avant J.C., dont le nom vient de poteries caractérisées par leurs motifs particuliers. C'est une société primitive organisée autour de la chasse et de la cueillette. Vers le IIIe siècle avant J.C. c'est la civilisation dite Yayoi qui gagne le Japon, se distinguant par une nouvelle forme d'agriculture : la riziculture irriguée, qui fait apparaître une économie agricole. Au niveau de l'artisanat la poterie a évolué vers des objets de bronze et de fer d'inspiration chinoise. Elle se caractérise comme une société agraire soumise à l'autorité de chefs religieux.

     

      Antiquité - Kodai

     L'Etat du Yamato

    Vers la fin du IIIe siècle (après J.C.), les japonais érigent des sépultures en forme de « tumuli » dont on croira longtemps qu'il s'agissait de petites montagnes. Ces sépultures sont sans doute celles des premiers empereurs japonais et de grands chefs guerriers, descendants de « la reine » de laquelle on parle dans des textes chinois, où l'on retrouve des références à un « pays de la reine ». C'est dans la zone de ces sépultures, la plaine du Yamato, que prendra place « l'Etat clanique du Yamato ». On y vénérait une déesse-soleil et on peut penser qu'il s'agissait d'une société matriarcale. Mais ce culte de la déesse-soleil disparaît peu à peu au profit de ce qu'on appelle aujourd'hui shinto, un culte naturiste très général. A partir des Ve et VIe siècles, la société se divise en clans « uji », sous l'autorité d'un chef héréditaire. Ils se divisent en groupes professionnels spécialisés (agriculture, artisanat,...). Ces clans sont toujours soumis aux chefs du Yamato, dont l'autorité s'étend à l'ensemble du Japon à l'exception d'Hokkaido. Les premiers chefs du Yamato ont donné naissance à la famille impériale qui est la plus ancienne dynastie régnante du monde.


    L'adaptation du modèle chinois, suivie d'une rupture avec la Chine

    Toujours sous cet état du Yamato, on entre dans l'ère Taika (« ère du grand changement ») dont l'objectif général est d'établir une réplique exacte de la Chine des T'ang. C'est en 552 qu'est estimée le véritable début de l'influence chinoise sur les japonais, car c'est l'année où la cour de Yamato adopte officiellement le bouddhisme. On cherche à édifier de grandes cités à l'image des villes chinoises, l'archipel est divisé en privinces, on tente d'appliquer le modèle financier chinois,... Basiquement on reprend tout le modèle culturel chinois, dont l'écriture malgré son incroyable complexité. L'époque de Nara notamment (710-794) nous montre l'importance du bouddhisme avec la construction du Tôdaiji, et de l'imitation de la capitale chinoise à Nara. L'époque de Nara prend fin avec la construction d'Heiankyô (l'actuelle Kyôto) dont la structure est également d'inspiration chinoise : début de l'époque de Heian (794-1185).

    Mais avec la décadence de la dynastie des T'ang au IXe siècle et la mentalité japonaise qui acquiers une certaine fierté, cette tendance à l'assimilation du modèle chinois s'estompe. En 838 la dernière ambassade japonaise envoyée en Chine ne renouvelle pas sa mission, le Japon coupe le contact avec le continent pour se consacrer à sa propre évolution. Cela commence notamment avec l'élaboration d'une nouvelle écriture, les kana, et avec elle une nouvelle littérature.

    L'ère Fujiwara

    Vers le milieu du IXe siècle, une famille se distingue en se mêlant à la famille impériale : les Fujiwara. Ce sont les premiers d'une longue tradition consistant à prendre le pouvoir par le mariage et les régences, sans pour autant renverser la famille impériale. Avec la puissance croissante de cette famille, on a tendance à appeler la fin de l'ère Heian l'ère Fujiwara. C'est une ère de riches productions littéraires et artistiques, auxquelles les aristocrates de la cour de Kyôto se consacrent tandis que les seigneurs de province acquéraient l'expérience des affaires, de la politique et de l'économie du pays en se passant de plus en plus de la capitale.

     

    Période Féodale - Chûsei

    Les guerres féodales et le début des Shogunats (période de Kamakura)

    Vers le milieu du XIIe siècle la classe guerrière représentant à la campagne le véritable pouvoir, plusieurs camps de guerriers veulent assurer leur domination : notamment les clans Taira et Minamoto. Par deux fois les Taira l'emportent sur leur principal rival, en 1156 et en 1159-1160, puis suivent l'exemple des Fujiwara en mariant leurs filles aux empereurs. Leur gloire s'achève avec la guerre de Genpei qu'ils perdent en 1185 face au clan Minamoto.

    Le seigneur Minamoto choisit lui de délaisser la cour de Kyôto pour s'installer à Kamakura et prend le titre de Shogun en 1192. Il devient le véritable pouvoir militaire et politique tout en laissant croire à un officiel pouvoir impérial à Kyôto. Ce régime devient le plus centralisé qu'il n'y avait encore jamais eu au Japon. La lignée Minamoto s'interromp en 1219 par un assassinat et se fait remplacée par les Hojo. Au XIIIe siècle le Japon est contrôlé par le Shogun qui contrôle le régent Fujiwara qui lui même contrôle l'empereur qui détient seulement officiellement le pouvoir.

    La période féodale inaugurée par les Taira et les Minamoto commence et va durer 8 siècles durant lesquels la politique, les structures sociales et les systèmes de valeur suivent la même évolution qu'en Europe occidentale. La société féodale japonaise ne se distingue que sur deux points : la lenteur de son évolution, et les statuts des individus (codes de valeurs et de morale).

    Une période de trouble

    Par deux fois les mongols tentent d'envahir le Japon par la ville de Fukuoka : en 1274 ils sont contraints de repartir à cause de tempêtes maritimes, et lorsqu'ils reviennent en 1281 les japonais y étaient préparés et avaient construit une muraille. Ils sont à nouveau aidés par un typhon qui achève de détruire l'armée mongole. Cet épisode a contribué à la croyance japonaise selon laquelle leur pays serait sacré et inviolable. Mais cette épreuve a aussi appauvri les seigneurs qui ont investi dans la guerre et la caste militaire se soulève : des seigneurs tombent, le régime de Kamakura ne susbiste encore une qu'une cinquantaine d'années. En effet l'empereur Go-Daigo veut restaurer le pouvoir impérial : il se révolte contre Kamakura avec des chevaliers mécontents en 1331. Mais le général Ashikaga, désigné pour arrêter l'empereur, passe à l'insurrection en 1333. Il prend le pouvoir et chasse même Go-Daigo en plaçant sur le trône un autre membre de la famille impériale. La famille Go-Daigo fini par tomber dans l'oubli après un certain acharnement à tenter de reconquérir le trône. Ashikaga prend le titre de Shogun en 1338 et sa famille le conserva jusqu'en 1573, bien qu'il n'eurent jamais la puissance de Kamakura. On entre dans l'ère Muromachi (1333-1568) que l'on considère comme l'origine de la culture japonaise bien connue aujourd'hui. C'est en effet la naissance de la philosophie Zen, et des arts tels que le théâtre Nô, la cérémonie du thé, l'ikebana, ou encore le suiboku-ga.

    C'est dans la seconde moitié de leur shogunat que les Ashikaga perdirent toute autorité effective. Le Japon commençant à vivre à partir des XIVe et XVe siècles une période de confusion politique, les seigneurs locaux en profitent et leur influence grandit : au XVIe siècle ils prennent le nom de daimyo, qui joueront désormais un rôle majeur jusqu'à la fin de la période féodale. Empereurs, princes, aristocrates, la famille Fujiwara qui régnaient auparavant s'appauvrissent à partir du XVe siècle, ne survivant à cette période confuse que grâce aux valeurs japonaises.

    Une anarchie féodale qui conduit à un progrès

    Le Japon commence à se rouvrir aux échanges commerciaux avec l'extérieur au XVIe siècle. Ils importent des produits tropicaux d'Inde et des biens manufacturés chinois, et exportent leurs biens manufacturés tels que les paravents, les éventails et les sabres. Le commerce maritime se développant, une nouvelle classe sociale de « chevaliers-pirates » se répand et domine les mers d'Asie orientale. Durant ces années anarchiques le Japon colonise, développe son artisanat et son commerce, en sortant grandit de cette période au point de traiter avec les marchands européens et chinois en égal.

     

    Période Moderne – Kinsei : Période d'Edo

    La réunification et la stabilisation des Tokugawa

    Après la période féodale on entre dans la seconde motié du XVIe siècle dans une période moderne on l'on voudra réunifier le Japon. Cela commence par l'introduction des armes à feu dans l'archipel, avec lesquelles le daimyo Oda Nobunaga commence par s'emparer du pouvoir de Kyoto et du Shogun en 1568 et continue dans sa tentative d'hégémonie avant d'être assassiné en 1582. Un de ses généraux, Hideyoshi, reprend le pouvoir et achève l'oeuvre de son ancien seigneur. Il reprend le vieux titre de régent qu'occupait souvent les Fujiwara, et parvient à soumettre les principaux daimyo restant pour réunifier le Japon sous son commandement. Il décide alors de soumettre la Chine, et pour cela doit passer par la Corée : ils échouent en 1592 et abandonnent ce projet. A la mort d'Hideyoshi ses descendants le remplacent, mais son principal vassal Tokugawa Ieyasu, qui le représentait à Edo à l'est du Japon, reprend le pouvoir une quinzaine d'années après. Ieyasu reprend en 1603 le titre de Shogun et fait d'Edo le centre politique du pays. C'est le début de deux siècles et demi d'un nouveau régime politique conservationiste, mené par les Tokugawa, qui se consacre à la pacification et à la stabilité par un isolement complet du Japon et par une certaine rigidité. Ils surveillent notamment toute tentative de rébellion des daimyo, et créent une police secrète. Ils créent également un nouveau système d'administration qui sera copié par les daimyo, ainsi qu'un nouvel ordre social à 4 étages : les guerriers-administrateurs, les paysans, les artisans et enfin les marchands. Au XVIIe siècle, le confucianisme s'implante et rivalise avec la philosophie bouddhiste, et en se croisant avec les valeurs guerrières donnera naissance au bushido (voie du soldat).

    L'arrivée des religieux européens et ses conséquences

    Au XVIe siècle commencent à arriver les européens, notamment les Portugais qui introduisent le christiannisme. Voyant le nombre de chrétiens augmenter exponentiellement, Hideyoshi décrète en 1587 l'expulsion de toutes les missionnaires européens chrétiens. A sa suite Ieyasu ne tolère pas le christiannisme mais accepte les Hollandais et les Anglais à qui il permet d'ouvrir des comptoirs sur les côtes de Kyushu. Ses descendants cependant se méfient des européens qu'ils jugent dangereux pour la stabilité du régime et c'est au milieu du XVIIe siècle que le pays s'isole, ne laissant que Nagasaki comme ouverture sur le monde.

    Cette fermeture du pays a évidemment des conséquences néfastes : elle étouffe toute évolution scientifique et industrielle jusqu'au XIXe siècle. L'ère Tokugawa fut cependant bénéfique par une période de longue paix qui voit apparaître un art baroque populaire, avec l'apparition des geisha, du théâtre kabuki, des poèmes haiku, et d'un artisanat montrant un goût esthétique très sûr. Mais avec avec l'interruption de toute évolution le Japon se retrouve au XIXe siècle avec un grand retard sur le reste du monde.

     

    Période contemporaine – Kindai

    L'ère Meiji (1868-1912)

    En 1853 l'arrivée du commodore américain Perry force l'ouverture du Japon, le shogun à Edo étant forcé d'accepter face à une force militaire bien plus avancée. Le shogunat s'attire alors la désaprobation du peuple et de Kyoto, et doit faire face à des rébellions. En 1867 le dernier shogun Tokugawa doit abdiquer, et on entre dans l'ère Meiji avec le règne d'un nouvel empereur : Mutsuhito. On a tendance à parler de cette ère comme la « Restauration de Meiji », avec le transfert de la traditionnelle capitale impériale Kyoto à Edo, qui est alors renommée Tokyo. Cette ère sera celle d'une forte industrialisation du Japon.

    On abandonne le régime féodal au profit d'un régime conçu sur un modèle semblable au modèle britannique et on crée une Constitution en 1889. On abolit la classe guerrière des samurai qui se tournent alors vers le monde des affaires. Après l'humiliation subit par les américains, on veut également se doter d'une marine militaire imposante ainsi ce domaine est-il particulièrement développé. En 1870 on développe les chemins de fers, et le yen est créé l'année d'après. La même année, inspirée du modèle américain, une réforme scolaire est mise en place pour éduquer les masses : en moins de deux générations on voit naître une nouvelle stratification menée par le niveau d'éducation, faisant du Japon une société égalitaire. Malgré cela il subsiste à ce système un défaut : l'Etat ayant le contrôle sur l'éducation on peut y voir un certain endoctrinement qui au lieu d'apprendre aux jeunes à penser par eux-mêmes, leur dictait ce qu'il fallait penser.

    Fort de cette modernisation, le Japon à l'aube du XXe siècle se sent capable à l'image des occidentaux de coloniser ses voisins : Taïwan est annexée en 1895 ; en 1900 le Japon participe à la répression de révoltes en Chine ; en 1904 et 1905 a lieu la guerre russo-japonaise ; et en 1910 la Corée est annexée.

    L'ère Taisho (1912-1926)

    L'ère Taisho est celle du règne de l'empereur Yoshihito. C'est une ère plutôt courte durant laquelle le Japon poursuit sa modernisation, avec une industrialisation et une militarisation croissante. C'est aussi la période à laquelle a lieu la première guerre mondiale, où le Japon rejoint les Alliés. Il se fait ainsi une place dans le monde, et récupère après la guerre les possessions allemandes en Asie orientale.

    L'ère Shôwa (1926-1989)

     Epoque du règne de l'empereur Hirohito, qui voit survenir plusieurs troubles : tout d'abord une crise économique mondiale en 1929. Le Japon a du mal à nourrir sa population grandissante, d'autant plus qu'il est dépendant de l'importation de matières premières. Face au déclin de l'industrie à cause de la crise, les militaires prennent un certain pouvoir : on décide de l'invasion de la Mandchourie en 1931 qui est un succès, puis on tente d'étendre une influence sur la Chine. Le Japon comprend alors la Corée, le Mandchourie, Taiwan, et des régions au nord de la Chine, ce qui résoud son problème de manque de matières premières. Fort de ses succès et de son expansion, le Japon devient un pays nationaliste qui se voit comme le maître de l'Asie orientale. Ses influences militaristes le pousse en 1936 à signer avec l'Allemagne nazie le pacte Anti-Komintern.

    Mais cela se solde par une défaite dans la deuxième guerre mondiale et le Japon doit vivre une période d'occupation militaire par les américains à partir de 1945. Ils sont contraints d'adopter en 1947 une nouvelle constitution et renonce à son armée, s'orientant vers une démocratie. Les choses s'arrangeront à partir de 1952 où l'économie connaîtra un vif redressement et permettra progressivement au Japon de devenir une des principales puissances économiques du monde.


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