• L2 S3

    Civilisation Japonaise


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  • Semestre I

    « Croyances et religions chez les Japonais »

     

    * Mt Fuji : patrimoine mondial de l'unesco (culture).
    Ancré dans la culture Japonaise, chargé de croyance → L'ascension du Mont Fuji ce n'est pas que gravir une montagne, c'est ressentir la présence du Bouddha, un peu comme un pèlerinage. Il y a un rite précis : les gens qui montent le Mt Fuji traversent une rivière (représentant un passage entre deux mondes : vivant → morts), se purifient, puis traversent une autre rivière et se re-purifient. On veut arriver au sommet de sorte à pouvoir regarder le lever du soleil, à l'image du bouddha qui vient nous chercher et nous faire renaître avant de retourner « dans le monde des vivants ».

    * C'est bien connu, les Japonais pratiquent plusieurs religions dans leur vie...

    • Des traditions shintoistes poussent les Japonais à se rendre aux temples lors de certaines occasions précises de leur vie ou de l'année (par exemple : おみやまい, 七五三,...).

    • Un mariage peut être un mariage traditionnel Japonais ou occidental (chrétien).

    • Les funérailles se font dans la plupart des cas avec des rites bouddhistes, comme tout ce qui est relatif à la mort.

    Comment est-ce possible ? Ils ne se posent pas la question ?

     

    1. Introduction

               1.1 Définitions

    • Religion : structurée / dogmes / institution pour rassembler des gens / rites et célébrations

    → … quelque chose d'ordre spirituel.

    → … ponctue la vie quotidienne (fêtes et coutumes).

    • Croyances : peu structurées / spontanées / dans la vie de tous les jours / les gens en sont parfois inconscients … → assez proche des superstititions.

     

               1.2 Paysage actuel au Japon en matière de croyances / religions → « cactus »

    On retrouve plusieurs religions qui cohabitent sans faire la guerre, toujours sur la même base des croyances pré-historiques.

    Lexique :

    原始宗教(genshishuukyou) : « religion primitive/pré-historique » de l'ère Jômon

    仏教(bukkyou) : 3-6e siècle~ bouddhisme

    儒教(jukyou) : 3-6e siècle~ confucianisme (système de codes moraux pour structurer l'Etat, pas vraiment religieux).

    神道(shintou) : 3-6e siècle~ / kokka shintou Meiji~fin 2e guerre mondiale

    道教(doukyo) : taoïsme

    キリスト教(kirisutokyou) : 16e siècle~ religion chrétienne

    宗教(shuukyou) : religion

    信仰 (shinkou) : croyance

    (kami) : dieu, divinité

               1.3 Caractéristiques des croyances chez les Japonais

    1) Culte de la Nature 自然信仰(しぜんしんこう)/ l'Animisme アニミズ

    2) Culte de l'ancêtre 祖先信仰(そせんしんこう)

    3) Idée de “circulation” 循環(じゅんかん)“va-et-vient” de tout être - “réincarnation” 生まれ変わり(うまれかわり).

    4) Importance des rites pour « consoler/calmer » les esprits malheureux ou en colère. On croit aux esprits présents dans la nature, qui ne disent pas clairement ce qu'ils pensent mais il peuvent être en colère parce qu'on a fait une erreur ou même si on ne sait pas pourquoi, il faut donc les calmer.

    5) Indulgence 寛容さ(かにょうさ) : rites de purification 清め« kiyome » (signifiant laver) ou 祓い« harai ».

    6) Eclectisme et intéraction entre diverses croyances/religions.

    Naissance → shintô.

    Mariage → chrétien ou shintô.

    Funérailles → Bouddhisme.

    → Tout ce qui est de bon augure est plutôt shintô, et tout ce qui est triste ou attrait à la mort est plutôt bouddhiste.

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  •  Croyances pré-historiques chez les Japonais

    Cf. UMEHARA Takeshi (1925-) philosophe ; chercheur en folklore.

    • Anoyo to nihonjin (« L'autre monde » et les Japonais), NHK shuppan, 1996.

    • Umehara Takeshi no jugyô – Bukkyô (Cours de Takeshi Umehara – le Bouddhisme), Asahi shinbusha, 2002.

     

             1 Culte de la Nature 自然信仰

    = .

    Le Shintoïsme à l'origine c'est une religion de la forêt. Les esprits sont omniprésents : l'animisme, le polythéisme. La mer, la rivière, un arbre, un rocher etc peuvent avoir un esprit.


    Torii

    Les "torii" marquent le début d'un territoire d'un kami. Ce sont des endroits chargés d'une sorte d'énergie qu'on peut ressentir. Souvent, on voit un temple shintoïste et un temple bouddhiste côte à côte, car c'était un endroit où il y avait une énergie particulière.

     

     

     

     

    Souvent il y a des temples au bord de la mer car elle représentait le passage vers le monde des morts.

    Shimenawa

     

     

    Les Shimenawa (corde tortillée) marquent un territoire sacré et purifié dans le shintoïsme

     

     

     

    A l'intérieur de grandes villes on peut trouver des forêts vierges, laissées telles quelles par l'humain. Au bout de la forêt il y a un temple shintoïste.
    Forêt vierge au cœur de Kyôto, tadasunomori:

     

    Tadasu no mori

     

     

    = 動物(どうぶつ)

    Les animaux sont les messagers des esprits de la forêt. Dans le folklore le renard est souvent divin, et aurait le don de se transformer (notamment en humain), et serait très intelligent/malin mais un peu méchant. Les tanuki également seraient divins, mais inscouciants et joyeux.

     

    Les « sacrés » pour les Japonais :

    • Grands arbres : si on doit couper un grand arbre millénaire il y aura un prêtre pour faire une prière.

    • Grands rochers

    • Animaux : surtout les animaux exceptionnels en taille ou en couleur (blancs).

    • Montagne : avec une forme spécifique, en cône comme les volcans.

    • Soleil : surtout le soleil levant.

    • Cascade

    → En gros, ce sont des éléments de la nature qui dépassent l'homme.

    • Quelques personnes exceptionnelles aussi peuvent être considérées divines, des personnes qui ont marqué l'histoire par exemple.



    * Le monde des êtres vivants et le monde des morts.

    La nuit est le monde des esprits, un moment sacré. Le jour est le monde des vivants.

    Les moments de croisement entre les vivants et les morts = sacrés

    L'importance du soleil levant = symbolise « le retour » (cf l'idée de « circulation »)

    Photo de la préfecture de Mie : 二見浦 (ふたみうら):

    二見浦 (ふたみうら)

     

    * La croyance animiste

    • Les croyances polythéistes et animistes sont plutôt fréquentes dans le monde.

    En Chine, ils avaient des croyances animistes, dont on peut trouver des traces dans certains kanjis. Ex : Le phoenix : 鳳凰 [ほうおう]; Le vent : [かぜ]

    • Les croyances animistes = polythéistes car on voit des esprits dans beaucoup de choses.

    • L'esprit se met facilement dans diverses choses.

    • Les kami « descendent » dans des endroits purifiés

    • Les esprits demeurent dans des mots, des objets, etc.

      言霊 [ことだま]

      Par exemple lors d'un discours de mariage il y a des mots à éviter comme « séparer », « casser » ou « revenir en arrière » qui porteraient malheur.

      Autre exemple avec le riz : on dit aux enfants que s'ils laissent des grains de riz au fond du bol, les kamis qui sont dedans vont pleurer.

      踏み絵 [ふみえ], on se sent incapable de déchirer une feuille qui aurait le nom d'un membre de la famille dessus.

      名刺 [めいし] la carte de visite : le savoir-vivre professionnel veut que lorsqu'on nous tend une carte, il ne faut pas mettre les doigts sur le nom de la personne.

      プレゼント : on ne déchire pas le papier cadeau comme un sauvage.

      → Quelques expressions : ”心をこめたおくりもの”le cadeau avec du cœur dedans

      魂(たまし)の入った仕事”le travail avec de l'esprit

      一球入魂(いっきゅうにゅうこん)”mettre le tamashii dans chaque balle (baseball)

     

    * Totoro

    • Quelque chose de vieux a plus de chance d'être sacré : par exemple dans Totoro les enfants voient des noiraudes (makurokurosuke), des esprits dans la vieille maison abandonnée, ce qu'on a peu de chance de trouver dans une maison neuve.

    • Dans la forêt il y a le temple qui lui est dédié, et le centre de ce lieu sacré est un très grand arbre millénaire.

    • Mei est celle qui rencontre Totoro en premier. C'est le gardien de la forêt, qu'on ne peut pas voir n'importe quand, les enfants sont privilégiés pour voir les esprits. Ce sont les enfants surtout qui voient ont accès au sacré : Mei voit plus de choses que sa grande sœur.

    • Totoro, comme les esprits traditionnels de la culture japonaise, n'a pas vraiment de comportement logique, on ne sait pas ce qu'il compte faire. Ce n'est pas quelque chose de rationnel, et ça n'est pas forcément bienveillant. « Kami » c'est une présence qui dépasse l'homme, ce n'est pas forcément toujours calme et gentil, et des kami calmes peuvent se mettre en colère (la mer par exemple), par l'erreur de l'homme, ou tout simplement par mauvaise humeur (comme Roland). たたる = le kami se met en colère.

     

               2 Le culte des ancêtres et l'« ano yo » (le monde là-bas, l'au-delà).

    Nous vivons à « kono yo », le monde des vivants.

    Quelques chercheurs en folklore : Yanagita Kunio, Orikuchi Shinobu, Minakata Kumagusu.

    Les deux premiers ont surtout travaillé sur les légendes et les contes, et à partir de ces contes ils ont reconstitué la vision du monde des japonais. Le troisième a travaillé notamment sur le système écologique des forêts.

    • Vision des japonais sur « ano-yo »

    あの世ano yo vs この世kono yo

    - Ressembe à この世 mais à l'envers (tout ce qui est en haut sera en bas, les riches seront pauvres, la gauche à droite, la nuit quand c'est le jour chez nous).

    - L'esprit part à « ano yo » en laissant son corps dans « kono yo ». Il y part pour revenir (réincarnation).

     Exemple : o-tsuya お通夜 = veille de funérailles
    La veille des funérailles, célébrée actuellement selon les rites bouddiques.
    De 18h au lendemain matin.
    - dokyô (prière par un bonze) → shôkô (offrande de l'encense) → tsuya-burumai (repas) → yotogi (la famille et les proches veillent à ce que l'encens brûle toute la nuit).
    = cela correspond aux funérailles d'autrefois, qui commençait le soir pour que l'esprit du défunt parte le soir mais arrive le matin là-bas, pour qu'il ai toute la journée pour trouver sa famille. Quand on habille un défunt, on met le kimono « à l'envers » pour que ça reviennent à l'endroit dans l'ano-yo. Dans certaines régions, on casse le bol à riz du défunt avant de le mettre dans son cercueil parce que ce qui est cassé ici sera entier là-bas.

    Le lendemain, le défunt est dans une salle où les proches peuvent lui dire au revoir et apportent des fleurs avec leurs noms. Tout le monde est habillé en noir et blanc, la cravate noire pour les hommes est presque exclusivement réservée pour les funérailles.

     

    - Les morts avant étaient souvent enterrés aux bords des chemins menant aux villages, pour que les ancêtres guident les voyageurs. Cela a donné le kanji de , la tête avec le chemin. Les bébés étaient enterrés à un carrefour ou à l'entrée d'une maison, car ce sont des endroits où les gens passent souvent, et si une femme enjambe l'entrée de la maison, le bébé pourrait revenir dans le monde.

     

    - Une journée ici équivaut à 7 ans là-bas.

     

     

    • Pas de paradis « 極楽(ごくらく) » ni d'enfer « 地獄(じごく) », pas de jugement

    - Motif d' « esprit errants » dans le théâtre nô. Ce sont des esprits malheureux ou en colère qui les empêche de partir. C'est pourquoi le médium/médiateur (prêtre, chaman) est important pour aider l'esprit à partir.

    - On retrouve le schéma de l'esprit malheureux qui fait des dégâts est quelque chose de traditionnel est très ancien, sur lequel est basé la plupart des histoires de fantômes et des films de « J-Horreur ».

    • Circulation éternelle de toute chose

    - Une âme va partir là-bas et revenir dans ce monde le temps d'une vie, et repart là-bas pour revenir encore : cette circulation éternelle assure ce monde.
    Ex : la fête de iomante. Cela constitait à calmer l'esprit de l'ours (kami) qu'on allait manger, et le remercier de donner sa vie pour que les hommes vivent. On préparait un hibou et des oiseaux (factices) pour l'accompagner dans l'au-delà.

    - Si on avait un mauvais comportement, on mettra plus longtemps à revenir dans le monde. Les esprits vous renvoie dans le monde selon votre mérite.

     

    • « Retours » courts et longs

     - Retour court : fête de « bon » (お盆) vers le 15 juillet ou le 15 août.

    Les esprits rendent visite à la famille chaque année. Le premier jour de cette période on va chercher les esprits : on fait brûler une sorte de paille devant la maison (迎え火Mukaebi (feu de bienvenue)), et on allume une bougie avec laquelle on allume une lanterne pour aller chercher les esprits jusqu'au cimetière ou au premier pont de la rue. On revient ensuite à la maison et avec la bougie de la lanterne on allume celles de l'autel bouddiste. Dans les jours suivants on leur fait des offrandes. Au dernier jour,on fait le feu de raccompagnement (送り火Okuribi) et on fait le même rite que pour l'aller.
    « Véhicules » des esprits des ancêtres : le cheval en concombre, la vache en aubergine.

    - Retour long : la réincarnation (生まれ変わりumarekawari).

    • Cette idée de réincarnation existe depuis très longtemps :

      2.  Croyances pré-historiques chez les Japonais Dogû (période Jômon) figurine de femme enceinte. On pouvait retrouver des cicatrices sur les ventres de femmes enceintes, car si elles mouraient enceintes on faisait sortir le bébé pour empêcher que son esprits ne reste enfermé.








        Kamekan cercueil de la période Yayoi. On trouve souvent des membres abîmés (bras ou jambe cassés) post-mortem pour faire comprendre à l'esprit qu'il ne pouvait plus revenir dans ce corps. Kamekan

     

     

     

     

     

     

     

    La circulation éternelle est assurée par un mouvement permanent.

     無常観 (mujoukan) en bouddhisme : rien, permanent, vision. Il ne sert à rien de s'attacher à quelque chose dans le monde car rien n'est permanent.

     

              3 Influences des croyances préhistoriques dans les relgions : ritualisation et institutionnalisation de ces croyances préhistoriques plus tard surtout dans le Shintoïsme, mais aussi en Bouddhisme.

    Quelques exemples de rites actuels

    a) Protection

    • Fête de 新嘗祭niinamesai pour remercier la bonne récolte aux kami, au mois de novembre.

    • Pour faire tombel la pluie.

     

    b) Calmer les esprits malheureux / en colère

    Il y a des fêtes pour calmer les esprits :

    • go-ryô-e (Kyôto) 御陵絵

    • Dazaifu 大宰府, SUGAWARA no Michizane菅原道真. C'était un homme mais il a été divinisé : il était très brillant en études et a eu un impact politique. Il s'est fait exilé par un rival politique dans un endroit assez barbare, et a fini sa vie dans la tristesse et la haine. Quand il y eu ce qu'on pensait être des manifestations de colère de l'esprit de cet homme, on lui a érigé un temple. Il est le plus connu des hommes divinisé car il est le kami de la réussite scolaire.

      Pour être déifié au Japon il faut que la personne soit extraordinaire (intellectuellement ou physiquement), et qu'elle ai une mort tragique.

    • 擬音語量絵(ぎおんごりょうえ): Fête qui se pratique à Kyôto dont l'origine remonte à l'époque Heian pour calmer les esprits (à cause de beaucoup de catastrophes naturelles).

     

    Les esprits sont omniprésents : la notion de « territoire sacré »

    • La Purification (清め(きよめ, se laver)、祓い(はらい, chasserest extrêmement importante. On se purifie par le sel, le sake, le feu, la plante sakaki (),...

      Ex : Dohyô-iri 土俵入り, rituel des sumô (entourés de shimenawa) à leur entrée après avoir jetté sur sel pour purifier.

      Dôhyo iri

       

      Ex : Quand on est invité aux funérailles, on nous donne un petit omiyage quand on repart, où il aura toujours un sachet de sel pour pouvoir se purifier avant de rentrer à la maison.

        Ex : Jichin-sai 地鎮祭, c'est une prière qu'on fait avant la construction pour que celle-ci se passe sans problème, c'est une demande d'autorisation au kami qui pourrait être sur le terrain.

      Jichinsai



      Ex : Ochôzu お手水, point d'eau qui se trouve devant un temple où on peut se purifier.

      Ochôzu

       

     

    Récapitulatif : les croyances pré-historiques des Japonais

    1. Culte de la Nature 事前信仰(じぜんしんこう), l'animismeアニミズム,

    2. Culte de l'ancêtre 祖先信仰(そせんしんこう)

    3. Idée de « circulation » 循環(じゅんかん), « va-et-vient » de tout être - « réincarnation » 生まれ変わり(うまれかわり)

    4. Importance des rites pour « consoler/calmer » les esprits malheureux ou en colère

    5. Indulgence 寛容さ : importance de rites de purification « kiyome »清め, « harai »祓い

    6. Centré sur « ce monde » この世 : chercher des bénéfices immédiats 現世利益(げんせ・りやく).

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  • Le Bouddhisme au Japon

              1 Le Bouddhisme : l'historique

    La vie du Bouddha = Gautama Siddhârta 釈迦むに(しゃかむに)

    • Né en 446 avant J.C. dans une famille royale (entre le Népal et l'Inde actuels). Mais c'était un enfant tourmenté car il se demandait pourquoi il avait tant de chance quand d'autres étaient en train de mourir de faim. En grandissant, il a épousé une femme et a eu des enfants par obligation mais était toujours en tourment.

    • 29 ans : Gautama quitte sa famille pour chercher une réponse – par le RENONCEMENT (de ses conditions aisées) – à l'énigme de l'existence humaine.

    • 35 ans : Gautama est éclairé et devient le « Bouddha » (仏陀・ぶっだ)= « celui qui a atteint la Vérité ». Il diffuse ensuite ses enseignements pendant 45 ans.

    • 80 ans : la mort paisible.

     

              2 Les enseignements du Boudda

    L'arrière-plan : le Brahmanisme (le hindou ancien)

    • Croyance en la loi de « cause - conséquence » (因果応報・いんがおうほう)

    • Croyance en la réincarnation (輪廻・りんね)

    = Constitue la base du système des castes : si on est en bas de la pyramide c'est qu'on s'est mal conduit dans la vie précédente, c'est une justification des positions. Si on a des malheurs dans la vie, on se disait qu'on payait pour la vie précédente.

     

    Le Bouddha et son illumination (悟り・さとり)

    • La vie = la souffrance

    • Pourquoi cela ? → Car il tout le monde passe par 4 étapes : Naissance – Vieillissement – Maladie – Mort (生老病死・しょう・ろう・びょう・し)dans la vie, une fois qu'on est né.

    • Quelle est la cause de cette souffrance ? = le désir (愛欲・あいよく), source d'attachement (執着・しゅうちゃく) qui nous fait souffrir lorsque cela se termine.

    • Comment se débarasser de ce désir ? = Respect des commandements – concentration / méditation – travail pour la sagesse. « かい・じょう・え ».

    Ses enseignements

    • Quatre « renoncements = vérité profonde » (四諦・したい)

      くたい Comprendre que la vie est souffrance

      じったいComprendre que la souffrance provient des désirs

      めったいComprendre qu'il faut se débarasser de tous les désirs, contrôler ses propres désirs

      どうたいComprendre qu'il faut pratiquer « かい・じょう・え »

    • Se débarasser de tous ses désirs/attachement = Karma (業・ごう)

      → Être libre de tout. Le fait de ne rien désirer nous rendra en paix avec nous-même.

      → S'échapper définitivement aux cycles de réincarnations : partir pour de bon pour ne plus revenir sur ce monde, car la vie est une souffrance. Cf « Les 6 mondes ».

      → Atteindre le nirvana 涅槃(ねはん)に入る.

    • L'Egalité : cette loi s'applique à tous, indifféremment aux castes.

     

    En résumé, les enseignements du Bouddha se caractérisent par :

    • La notion de Liberté (se détacher de tout, s'échapper de tout)

    • La notion d'Egalité

    • Une tendance « auto-centrée »

     

    Un être totalement libre comprend et peut pratiquer les enseignements du Bouddha :

    • Chacun dépend seulement de soi-même.

    • Soyez capable, droit, bon.

    • Employez le bon langage, soyez calme et humble.

    • Vivez dans la simplicité, soyez intelligent et modeste, ne prenez pas plus que ce dont vous avez besoin.

    • Ne faites pas des choses basses ; ayez la compassion envers tous les être vivants.

    • Souhaitez le bonheur à toutes choses et à tout le monde.

    • Ayez de l'affection comme une mère en a pour son enfant.

    • Ayez de la compassion et de l'amour envers tous, sans rancoeur, sans hostilité.

       慈しみ (いつくしみ); 慈悲 (じひ)

     

    Les 5 commandements / préceptes

    • Ne pas tuer

    • Ne pas voler

    • Ne pas avoir de conduites sexuelles incorrectes

    • Ne pas mentir

    • Ne pas boire (d'alcool)

    → Très répandus, ils ne font pas partie des enseignements initiaux...

     

              3 L'évolution du Bouddhisme : le Grand Véhicule (Mahâyâna) et le Petit Véhicule (Hînayâna ou Theravâda).

    En devenant une religion, plusieurs siècles plus tard le Bouddhisme se transforme. Il s'adapte aux situations et besoins nouveaux des époques.

    • Vers le 1er siècle après J.C. : naissance d'une nouvelle école du Bouddhisme = le Bouddhisme du « Grand Véhicule ».

    • Du Petit Véhicule 小乗仏教(しょうじょうぶっっきょう) :

      Fidèle aux enseignements initiaux du Bouddha.

      → se couper du monde et méditer pour chercher l'illumination.

    • Du Grand Véhicule 大乗仏教(だいじょうぶっきょう) :

      Sort de ses montagnes pour sauver les gens.

      → invention de la notion de « Vacuité » (空・くう)

    Notion de vacuité : Désirs / attachement aux choses ; mais s'efforcer obstinément de renier les désirs, c'est l'attachement au néant. Être libre de ces deux attachements = vacuité (être vide).

    Sutra :

    色即是空(しき・そく・ぜ・くう)空即是色(くう・そく・ぜ・しき)
    = le monde dans lequel on vit, on pense ; les choses qu'on peut toucher/voir/sentir.
    = immédiatement, ou tout simplement
    = un peu comme です
    = vacuité

    色即是空
    → « Shiki est tout simplement Kuu » → « Le monde est tout simplement la vacuité ».
    Le monde est-il réel ? Le bouddhisme propose qu'on s'interroge dessus par rapport à l'évidence.
    Rien n'est permanent, tout ce qu'on croit avoir va disparaître. Ce monde est quelque chose d'éphémère, et si on a vraiment compris ça : rien n'est réel.
    Ceci est l'essence même de l'enseignement du bouddhisme.

    空即是色
    → « Kuu est tout simplement Shiki » → « La vacuité est tout simplement le monde/la vie ».
    Dans un premier temps, on va se dire que le monde dans lequel on vit n'a rien de réel et ne vaut pas qu'on s'y attache. Mais si on a compris ça, on peut basculer les choses en se disant que si cette vie est une illusion, quelque chose de vide (la vacuité), alors on a rien à perdre, puisque tout ce qu'on essaye d'acquérir n'existe pas. Peu importe que ce soit un rêve ou pas, puisqu'on a la sensation de vivre ici, on peut tout faire puisqu'on a rien à perdre, et apprécier le moment même où l'on vit.
    → C'est le sûtra le plus lu au Japon : 般若心経(はんにゃしんぎょう)Hannya shingyô.
     L'importance de l'instant immédiat, l'intérêt immédiat.

     

    • La naissance du Bouddhisme du Grand Véhicule :

    • L'évolution du « Bouddhisme qui me sauve » au « Bouddhisme qui sauve le peuple ».

    • La notion de « vacuité »

    • Un « personnage » central : 菩薩(ぼさす)Bosatsu (Bodhisattva), notamment 観音菩薩(かんのんぼさつ)Kannon Bosatsu, le Bosatsu sauveur. [Photo] (Dynastie tang, importé au Japon au 7e sièce, influence de l'art indien)

    • Cette école évoluera plus tard pour donner naissance au Bouddhisme de la Terre Pure 浄土仏教・じょうどぶっきょう (rapport au Paradis).

     

              4 Développement, évolution et diffusion du Bouddhisme

    • Au 3e siècle avant J.C. : unification de l'Inde par le roi Ashoka, Bouddhiste très pratiquant (du Petit Véhicule), qui organisa plusieurs missions pour répandre le Bouddhisme. Ces missions sont parties dans la zone de l'Asie du Sud-Est (Sri Lanka, Birmanie, Thaïlande, Cambodge).

    • Au 1ere siècle : 2 mouvements : Le Petit Véhicule et le Grand Véhicule.
    Le Grand Véhicule se répand en Chine à partir du 1er-2er siècle se mélangeant avec les influences du Taoïsme et du Confucianisme.

    • A partir du 8e siècle parvient au Tibet et donne naissance au Bouddhisme tibétain, mélangé aux croyances ésotériques.

    • 3e-6e siècle : Le Grand Véhicule arrive au Japon en passant par la Corée.
    Date officielle : 538 ou 552.

    • Au 7e siècle, l'impératrice Suiko + le régent Prince Shôtoku : adoption officielle du Bouddhisme au Japon et sa diffusion.

     

              5 L'introduction du Bouddhisme au Japon

    • L'arrivée du Bouddhisme au Japon

    * Entre le 3e et le 5e siècle, introduction et diffusion progressive du Bouddhisme au Japon, parmi les plus précieuses connaissances arrivées de Chine : les hautes sphères avaient compris qu'il s'agissait là du meilleur moyen de se rapprocher de la civilisation chinoise.

    * La réaction des japonais par rapport à cette nouvelle religion : « Les Bouddha viennent sauver les kami » → les kami sont un peu perdus et les Bouddha vient pour les aider. Les japonais n'ont vu aucune contradiction pour avoir les deux religions.

    • Construction des temples shintoïstes à côté des temples Bouddhiques

    • Les bonzes prient pour les kami

     

    • Le Prince Shôtoku

    Bataille entre les Soga (pro-boudhisme) et les Mononobe + Nakatomi (pro-shintoïste, ancêtres de la famille impériale actuelle) → victoire des Soga, qui ont su implanter le bouddhisme au Japon.

    → Au 7e siècle, l'impératrice Suiko + le régent Prince Shôtoku : adoption officielle du Bouddhisme au Japon et sa diffusion.

    Le Prince Shôtoku, génie politique et religieux, a créé la Constitution en 17 articles : les concepts confucéens (respect de l'empereur, respect de l'ordre social) et bouddhistes (importante de l'entente et l'harmonie), respect du Bouddha, l'égalité en mérite.

    • Construction de plusieurs temples bouddhilstes

    • Publication des notes sur les sutras

    • Cours surle Bouddhisme

    → Diffusion du Bouddhisme par le haut.

     

    • La mort tragique de Shôtoku

    * Mort en 622 : la mort mystérieuse : suicide ? Après sa mort, toute sa famille a été supprimée.

    * Le clan pro-shintoïste se retrouve au pouvoir

    * Reconstruction du temple « hôryû-ji » (temple de Shôtoku) après sa mort alors que ses ennemis étaient au pouvoir. Il avait pris feu, avait été détruit en 670. La seule explication possible à cette reconstruction est pour calmer l'esprit de Shôtoku. La diffusion du Bouddhisme a continué, le fait que le temple soit reconstruit en l'honneur d'un esprit fort (devenu un Kami du shintoïsme) qui croyait au Bouddhisme de son vivant, cela concilie les deux.

    → C'est le début de 神仏習合shinbutsushûgô : syncrétisme entre Shintoïsme et Bouddhisme.

     

    • L'autre facteur clé de l'époque de Nara : 行基(ぎょうき)

    La diffusion du Bouddhisme part le bas : 行基 (668-749) : la vie mystérieuse.

     Kyougi

    Moine « voyageur » (ゆぎょうそう)qui diffuse le Bouddhisme dans tout le pays en voyageant – construction des ponts, foyers, hôpitaux, temples,... = diffusion auprès du peuple.

     

     

     

    Il n'était pas intéressé par le pouvoir malgré qu'il en était proche. Il était une des premières personnes à sculper des Bouddha en bois (avant c'était en métal), c'est une de ses premières contributions à la diffusion du Bouddhisme au Japon : une personnalisation japonaise, pour faire apparaître l'esprit du Bouddha qui était dans le bois. L'idée d'un esprit dans le bois est plutôt ancré dans les idées religieuses shintoïstes, mêlée au Bouddhisme avec l'image du Bouddha.

    行基 est aussi celui qui a diffusé le sutra du Lotus : « Le Bouddha demeure dans chaque arbre, dans chaque herbe » → dans chaque chose de ce monde.

    神仏習合(しんぶつしゅうごう)généralisé très rapidement à l'époque de Heian.

     

    • Syncrétisme entre Kami – Bouddha

    745 : construction de Tôdaiji (東大寺) à Nara, projet initié par Gyôki. Cela montre que le Bouddhisme avait énormément d'influence à la cours impériale à l'époque.

    785 : 菩薩(Bosatsu) – カミ.

    A cette période les japonais ont compris que les divinités bouddhistes, ils les connaissaient depuis longtemps : le Bouddha du Soleil (大日如来・だいにちにょらい)[photo] par exemple s'apparente à Amaterasu, la déesse du soleil.

    Vers la fin du 8e siècle, on a plusieurs associations entre les divinités shintoïstes et bouddhistes.

    La théorie dominante, Honchisuijaku, veut que les manifestations du Bouddha au Japon soient les kamis → Les Gongen sont les temples shintoïstes croyant au Bouddhisme.

     

    • Le Bouddhisme et « あの世 »

    * Pour les japonais tout le monde peut accéder à l'anoyo à sa mort, un monde considéré à l'envers.
    Avec l'introduction du bouddhisme :

    • 成仏する(じょうぶつする), cela veut dire « devenir Bouddha » mais aussi « mourir ».

    • Des croyances japonaises aux versions bouddhiste de あの世. « Quand on meurt, on va à あの世 et on devient Kami » → « Quand on meurt, (on va à Gokuraku-jôdo et) on devient Bouddha »

    * Le moine 最澄 (さいちょう) croyait à la réincarnation, et surtout que : « Toute personne a du Bouddha à l'intérieur ; tout le monde peut devenir Bouddha ». Après sa mort, extension de sa théorie « 山川草木悉皆成仏 »= tout (humains, animaux,...) peut devenir Bouddha.

    * D'après le moine 空海(くうかい) : « 即身成仏 (そくしんじょうぶつ) » On peut devenir le Bouddha vivant, dans ce monde (en travaillant grâce à la méditation)
    → Après la mort, on part dans la forêt ?

    * Bouddhisme ésotérique = Bouddhisme + nature (le Bouddha du soleil au centre).
    Fortes influences sur l'aristocratie de l'époque de Heian ← prières pour calmer les mauvais esprits ou pour la pluie.

    * 源信(げんしん) : début de l'enseignement de la Terre Pure → travailler pour imaginer la Terre Pure → le Bouddha viendra nous chercher quand on mourra, pour nous emmener à la Terre Pure ; centré sur あの世.

    * 法然(ほうねん) : développement de l'enseignement de la Terre Pure. 念仏(ねんぶつ) : « 南無阿弥陀仏(なむあみだぶつ) » (je crois profondément au Bouddha Amida) = permet de sauver tout le monde (les pauvres, les non-cultivés... ; ceux qui n'ont pas le temps de méditer ou les moyens d'accéder aux enseignements du Bouddha).

    * 親鸞(しんらん) : Autorise les bonzes à avoir une femme (cf légende du Prince Shôtoku) et à manger des animaux.

    • 他力本願(たりきほんがん) : compter sur le pouvoir du Bouddha pour aller à la Terre Pure.

    • Invention du 菩薩(ぼさつ)qui revient plusieurs fois dans この世 pour sauver le peuple.

    → Diffusion du Bouddhisme de la Terre Pure dans toutes les couches sociales.
    Contexte historique : la bataille de Gen-pei (fin Heian) ; famines ; incendies = 末法思想 (まっぽうしそう, croyance à la période Mappô).

    * 日蓮(にちれん) : a étudié à l'école Tendai (← Saichô). Contre le Bouddhisme et la Terre Pure considérée laxiste → il faut travailler. Crois profondément au sûtra du lotus. Il s'est aussi préoccupé de la situation des femmes. Puriste, l'importance du travail sur soi, centré sur この世 (on se concentre sur cette vie, ce qu'on peut faire par nous-même). Cette école est la base d'une grande secte bouddhiste japonaise, Sôkagakai (創価学会・そうかがっかい).

     

    •  Zenshuu : écoles Zen.

    D'origine chinoise, mais a connu énormément de développement au Japon. Les deux principales écoles de Bouddhisme Zen au Japon sont Sôtoshû et Rinzaishû. S'étant largement développé au Japon à partir du 13e-15e siècle, il est désormais souvent associé à un Bouddhisme d'origine japonaise.

    Le contexte historique pour cette époque : un Japon de plus en plus instable, gouverné par les guerriers : époque Sangoku = guerre entre les seigneurs. Le Bouddhisme de la Terre Pure est allée vers les aristocrates et le peuple, le Bouddhisme zen vers les guerriers.

    C'est un peu l'antithèse des autres courants du bouddhisme : chacun a le Bouddha au plus profond de soi-même et il faut aller le chercher : insiste sur l'importance du travail (méditation – zazen (posture) et les kôan (questions sur lesquelles on doit réfléchir)) par soi-même dans une vie disciplinée, pour atteindre l'illumination = pour se libérer de tout.

    Sorte de retour à la source au Bouddhisme initial. Côté très radical.

    Très bien acceuilli par les samurai – correspond à leurs besoins.

    Citations très connues de Zen :
    仏(ほとけ)に会ったら仏を殺せ。祖に会ったら祖を殺せ。
    « Si tu rencontres le Bouddha, tue-le. Si tu rencontres ton ancêtre, tue-le. » (Ecole Rinzai)
    無一物 « Sans rien », « Rien n'existe ».
    Kôan 隻手の音声(せきしゅのおんじょう)« Ecoute le bruit d'une main »

     

    •   Evolution de statut du bouddhisme dans l'histoire

    Epoque Heian = Bouddhisme de la Terre Pure, touche l'aristocratie et le peuple.

    Epoque de Kamakura = apparition de plusieurs écoles. Réflexions philosophiques extrêmement développées.

    Epoque de Muromachi – Azuchi-Momoyama = Les écoles Zen trouvent leur public chez les samurai. Les branches de la Terre Pure se lient avec les paysans et les guerriers de basse classe pour former une puissance contre le pouvoir ← oppression (Ex : ODA Nobunaga, TOYOTOMI Hideyoshi).

    Epoque d'Edo = contrôle des temples par le gouvernement ; le système de recensement de la population grâce à l'enregistrement aux temples → toute personne japonaise devait s'inscrire dans un temple bouddhiste.

    → Généralisation + institutionnalisation du Bouddhisme.

    → Syncrétisme avec le Shintoïsme (et le Confucianisme).

    → Pratique populaire de pèlerinage se répand (« Ohenro » à Shikoku, l'ascension du Mont Fuji...)

    Epoque de Meiji = divinisation de l'Empereur → la loi ordonnant la séparation entre le Bouddhisme et le Shintoïsme; mouvement de destruction des temples et des statues bouddhiques.

    Actuellement = le Bouddhisme reste présent dans la vie quotidienne des Japonais...
    mais comment ?


     

    •   Influences : quelques notions du Bouddhisme présentes dans le langage courant

     (ごう) → Tout ce qui est difficile, dans la nature humaine mais qu'on aimerait réprimer, un vice.

    因果 (いんが Inga) → Cause/Conséquence.

    (えん En) → Un lien entre le Bouddha et nous. Par extension, en désigne tous les liens qui existent entre nous (version imagée : le fil rouge). Le lien de destin (qui nous emmène vers le Bouddha).

    Ex : そでふりあうもたしょうのえん→« Même si on se touche juste les manches, c'est un « en » qui a été créé dans nos vies antérieures ».

    Ex : これも何かの縁 Koremonanikanoen → « C'est aussi un en ».

    Ex : 縁あって... → Pour un mariage on peut dire « avoir un en ». On peut aussi utiliser le contraire pour refuser une candidature dans une entreprise ou un mariage arrangé.

    Ex : 腐れ縁 (くされえんKusare en) → Le en « pourri » .

    (ほとけ Hotoke) → Le Bouddha, la personne morte.

    Ex : 自業自得 (じごうじとくjigô jitoku) → « Ce que j'ai fais de mal reviens à moi ».

    Par exemple quelqu'un qui travaille dans une entreprise n'était pas très motivé et finalement s'est absenté du travail, et a déclaré avoir été au travail. Quelques mois plus tard ça se sait et il est critiqué par tout le monde et isolé des autres, il peut dire ça. En français : « on récolte ce que l'on sème ».

    Ex : 因果応報 (いんがおうほうInga ôhô) → Cause/Conséquence, un peu la même idée que précédemment.

    Ex : 仏の顔も三度 (ほとけのかおもさんど Hotoke no kao mo sando) → « La tête du Bouddha, 3 fois », j'ai été gentille deux fois mais la troisième ne passe pas.

    Ex : 知らぬが仏 (しらぬがほとけ Shirane ga hotoke) → « Le Bouddha ne sait pas », en français « un imbécile heureux ».

    Ex : 馬の耳に念仏 (うまのみみにねぬつ Uma no mimi ni nebutsu) → « Le nenbutsu aux oreilles du cheval », quelqu'un qui n'écoute pas, en français « pisser dans un violon ».

    Ex : 聞いて極楽、見て地獄 (きいてごくらく、みてじごく Kiitegokuraku, mitejigoku) → « Le gokuraku quand on écoute, l'enfer quand on voit », un écart très important entre ce qu'on entend et la réalité.

    一期一会 (いちごいちえ Ichigo ichie) → la façon de s'émerveiller devant une rencontre si extraordinaire, qu'on se dit que ce sera l'unique rencontre de ce genre dans cette vie. Un moment unique qui ne reviendra jamais.

      

    •    Le Bouddhisme et les Japonais

    * Présence du Bouddhisme dans les cérémonies « relatives à la mort »

    Funérailles, cimetières, « 水子供養Mizuko kuyô » (prières pour les enfants qui ne sont pas venus au monde).

    Mizuko kuyô

     針供養Hari kuyô : prière pour les aiguilles. Quand les aiguilles sont vieilles et tordues on peut les amener au temple et leur accorder une prière pour « leur mort ». Parce qu'on a beaucoup utilisé ces aiguilles, elles ont acquis une âme en quelque sorte : croyance shinto.

    * Mais aussi : les visites pour le Nouvel An.

    ~

     

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  •  Le Shintoïsme

    1  Caractéristiques générales

    • La religion indigène du Japon

    • N'a pas connu l'expansion à l'étranger (sauf pendant la période de l'impérialisme)

    • Ne possède pas de « corps » bien défini en tant que religion : fondateur ? Dogmes et préceptes ?

    • Distinction (établie postérieurement) entre le shintoïsme populaire et le shintoïsme « d’État ».

    • Le rapport avec l'Empereur : complexe. L'Empereur est décrit comme descendant des divinités japonaises, et a la fonction du premier prêtre du shintoïsme → mais dans l'histoire les Empereurs étaient bouddhistes.

    2  Les composants du Shintoïsme

    1. Croyances populaires/ethniques : culte de la Nature + l'animisme + culte de l'ancêtre

    2. Mythologie polythéiste ”八百万の神(やおよろずのかみ)” : naissance ou « accouchement » du pays – l'origine de la dynastie impériale.

    3. Importance des rites de vie et fêtes saisonnières ; rapport historique avec la riziculture.

    4. Rites et pratiques « mystiques » : voyance, purification, vœux de toutes sortes → notion de « pureté - impureté (kegare) » ; « purification (kiyome ou misogi) » ; « chasser les mauvais esprits (harai) ». On ne va donc pas au temple shintoïste dans l'espoir que l'on répondra à nos questions existentielles (c'est plutôt le rôle du Bouddhisme).

    5. « Principe » (implicite) : « Vivre chaque jour sincèrement, dans le respect et la gratitude pour les dieux » 正直 (しょうじきhonnêteté), 清浄 (せいじょうpureté)... Le shintoïsme ne nous explique pas comment.

    → Pas de question existentielle

    → Les kamis « qui dépassent l'homme » = sollicitation pour la protection/bienveillance

    → Quasi absence de « préceptes »

     

    3  Le Shintoïsme : origine et développement (jusqu'à l'époque d'Edo)

    • Fin 7e siècle : début de structuration et d'institutionnalisation du Shintoïsme = réaction par rapport au Bouddhisme.

    • 8e siècle : mise en place de 審議官 (じんぎかん« Ministre des affaires religieuses (shintô) ») dans l'organisation de l’État → fêtes religieuses décrétées.

    • Publication des mythologies (Époque de Nara) :
    古事記 (こじき Kojiki, Chronique des faits anciens) 712
    日本書紀 (にほんしょき Nihon shoki, Chroniques du Japon) 720
    → Écriture des légendes expliquant la naissance du pays et l'origine de la dynastie.
    « L'Empereur croit en la loi du Bouddha et respect la voie des dieux » → les dieux du shintoïsme (Nihon shoki)

    • Epoque de Nara :

    • Les deux religions se pratiquent à la Cour

    • Shinbutsu shûgô → Lecture des sûtras bouddhiques devant les autels shintoïstes,

      goryôe est un rite mixte entre le Bouddhisme et le Shintoïsme, dans le but de calmer les esprits lors de catastrophes.

    • Fin 8e siècle : Honchi suijaku setsu. Valorisation du Bouddhisme.

    • Fin époque Heian : tentatives de théorisation du Shintoïsme grâce aux théories Bouddhistes.

    • 12e : Shinpon butsujaku setsu. Les Japonais se détachent de la civilisation chinoise.
    = des « vraies divinités ».
    = Manifestations des divinités dans d'autres régions du monde (ex : Amaterasu en Inde).
    Début des « divinisations des hommes extra-ordinaires ».

    • Epoque d'Edo

    • Réinterprétation du Shintô par les concepts du Confucianisme

      → Respect et loyauté envers l'Empereur

    • Syncrétisme entre Shintoïsme et Bouddhisme : NINOYAMI Sontoku, 1787-1856.

    • Opposition par rapport au Bouddhisme ou au Confucianisme : le shintoïsme « puriste »

      MOTOORI Norinaga, 1730-1801 – 国学 (こくがく) : Affirmation du polythéisme ; protection des kamis.

    • Le peuple : éthique basée sur l'honnêteté, la sincérité, la pureté et l'amour/compassion.

      ...se développe le voyage-visite des sanctuaires (« pèlerinage »).

     

    4  Mythologie : naissance ou « accouchement » du pays – l'origine de la dynastie impériale

    4.1 Début de l'univers :

    Takamagahara (高天原« Champs du haut du ciel »)

    Dieu Izanagi (イザナギノミコト) et Déesse Izanami (イザナミノミコト) : le monde n'est pas habitable, Izanagi et Izanami doivent le créer. Ils se mettent sur un pont qui relie la terre et le ciel, et prennent une épée et touillent dans la terre pendant un moment. Cela fait des gouttes de boue qui s'accumulent et forment des îles : l'archipel Japonais.

     

    4.2 Mariage et accouchement des kami – la mort de Izanami.

    Au moment de créer des habitants, ils ont d'abord créé des dieux (nés d'Izanami ou à partir du corps des deux dieux). Un jour ils observaient leurs corps, et remarquèrent chacun qu'ils avaient « une partie qui dépassent », et « une partie qui manque » et qu'ils devraient se compléter → naissance de plusieurs dieux. Le dieu du feu fut le dernier, et tua sa mère en naissant, l'ayant brûlée. Izanagi tue son dernier-né dans la colère. Il part ensuite à la recherche de sa femme dans le monde des morts. Il la retrouve et veut l'emmener avec lui, mais elle a déjà mangé la nourriture du monde des morts et ne peut donc pas repartir. Elle va quand même demander au dieu des morts si elle peut repartir, en lui demandant de l'attendre patiemment. Au bout d'un moment, Izanagi s'inquiète : alors que sa femme lui avait fait jurer de ne pas rentrer à l'intérieur, il y va et voit le cadavre de sa femme pourrissant qui lui dit « je t'avais dis de ne pas regarder ! ». Izanagi fuit devant ce spectacle et sa femme le poursuit, en colère, lui criant qu'il l'a humiliée.

     

    4.3 Naissance des autres kami :

    アマテラスオオミカミAmaterasu, Soleil – Takamagahara

    ツクヨミノミコトSon frère, Tsukuyomi, Nuit

    スサノヲノミコトSusanowo, Mer

    → Ayant été en contact avec la souillure, Izanagi va se laver. Alors qu'il se lave, des kami naissent. Quand il se rince l’œil gauche, Amaterasu naît. L’œil droit : Tsukuyomi. Le nez : Susanowo. Ces trois frères et sœurs qui sont arrivés les derniers étaient particulièrement appréciés par leur père, alors ils leur confient le soleil, la nuit et la mer. Le troisième enfant était très colérique. Un jour, alors qu'Amaterasu étaient avec ses tisseuses, Susanowo lance une peau de cheval au milieu des femmes. Amaterasu, très fatiguées des blagues de son frère, va se cacher dans une grotte pour être tranquille → le monde se plonge dans le noir, privé de son soleil. Des esprits maléfiques commencent à circuler, le monde se détériore. Les dieux se réunissent : comment faire sortir Amaterasu ? Elle seule peut sortir, avec l'énorme rocher qu'elle a placé devant la grotte. Ils décident alors de faire une grande fête devant la grotte, Amaterasu étant très fière elle ne pourrait pas supporter qu'on fasse la fête sans elle. Amaterasu commence à se poser des questions, pourquoi s'amusent-ils alors quele soleil se cache ? Curieuse, elle ouvre un petit peu le rocher. Une autre déesse arrive avec un miroir et déclare « il y a une déesse encore plus jolie qu'Amaterasu ! ». Amaterasu regardant en fait dans un miroir, voit cette femme magnifique qui brille et surprise, ouvre davantage le rocher pour en apprendre plus, et alors on la tire à l'extérieur.

     

    4.4 La descente du petit-fils céleste : 天孫降臨 Tensonkourin → début de la dynastie impériale.

    Le Dieu Ninigi (ニニギノミコト), petit-ils d'Amaterasu, reçoit les « trois objets divins » : le miroir, l'épée et le bijou. Ces trois trésors sacrés seraient actuellement en la possession de la famille impériale.

    Ninigi rencontre Konohananosakuya-hime et l'épouse. Un de ses fils, Hoori, rencontre Toyotama-hime (fille du dieu de la mer), l'épouse et la met enceinte : alors qu'elle allait accoucher, et lui demande de ne pas entrer dans la salle d'accouchement. Il ne résiste pas à regarder dans la salle, et voit un requin, sa vraie forme. Ayant été vue, humiliée, elle est obligée de partir et laisse son bébé en pleurant. La mère pensant beaucoup à son bébé, Ugayafukiaezu, elle envoie sa sœur Tamayori s'en occuper. Ces deux-là se marient et on 4 enfants, dont un qui deviendra l'empereur Jinmu, le premier empereur.

     

    En bref,

    • On n'a pas besoin de connaître tous ces mythes pour pratiquer le Shintoïsme.

    • Les « trois trésors sacrés » font toujours l'objet d'héritage lors de la succession de l'Empereur. Parmi ces trois trésors sacrés, 2 sont des répliques. L'épée et le bijou ont été perdus lors de la bataille de Genpei. On a retrouvé le bijou dans sa boîte, mais on n'a pas le droit de l'ouvrir pour vérifier.

     

    4.5 L'ère Meiji – fin de la 2e guerre Mondiale : Le Shintoïsme d’État

    4.5.1 Évolution historique

    Contexte historique : le besoin d'unifier le Japon sous l'Empereur

    Par les décrets notamment :

    • 1868 : séparation du Shintoïsme et du Bouddhisme → Destructions des statues bouddhiques (Bouddhisme = décision politique du Shogunat, donc indésirable vu le contexte).

    • 1870 : « Décret de diffusion des grands enseignements » → diffusion du Shintoïsme comme décision politique ; contre le Christianisme.

    → Problème de dysfonctionnement du décret : les religieux sont devenus « fonctionnaires » = interdiction de succession familiale et d'intervenir dans les rites religieux.

    → Conséquence : le Shintoïsme devient « vide » à cause de la séparation entre les cérémonies nationales et les pratiques/croyances religieuses.

     

    La Constitution

    1889 : La Constitution du Grand Empire Japonais.

    Elle assure la liberté de religion (« le Shintoïsme n'est pas une religion »), mais définit le shintoïsme comme « l'objet de respect » obligatoire pour le peuple Japonais.

    Le gouvernement crée des jours fériés et imposent les cérémonies « shintoïstes » : par exemple le Kigen-Setsu célébré le 11 février, jour de la montée au trône de l'Empereur Jinmu, premier Empereur légendaire dans la mythologie, mais célébré aujourd'hui en tant que l'« établissement du pays » ; ou encore le Tenchô-Setsu fêté le 3 Novembre, pour l'anniversaire de l'Empereur, célébré aujourd'hui comme le « jour de la culture ».

    Dans ces cérémonies, le chant de « Kimigayo (l'hymne Japonais, seulement officiel depuis 1999) », et le port de « Hinomaru (drapeau japonais) » → création de l'image de « 現人神(あらひとがみ), dieu vivant ».

     

    Fin de la 2e Guerre Mondiale

    1945 : Fin de la 2e Guerre Mondiale – les USA donnent l'ordre pour la fin de gestion des sanctuaires shintoïstes par l’État.

    1946 : Déclaration de l'Empereur renonçant à son ascendance divine (天皇人間宣言、てんのうにんげんせんげん).

    → Avec cette intervention des Américains, le Shintoïsme retrouve ses aspects « religion » : les temples « du quartier » ou des sanctuaires dédiés pour les divinités que les Japonais fréquentaient restaient, les prêtres perdent leur fonction de « fonctionnaire » pour retrouver leur rôle initial.

     

    4.5.2 Autour du Temple Yasukuni

    Il se situe au cœur de Tokyo. Il est assez somptueux et porte l'emblème de la fleur de Chrysanthème, symbole de la famille impériale. Dans ce temple il y a un musée de la guerre, Yûshû-kan, qui se montre assez « pro-guerre ».

    Le problème c'est que le gouvernement à une époque a inscrit un certain nombre de personnes, mortes « pour l'Empereur », qui étaient au gouvernement à la fin de la seconde guerre mondiale, et donc considérés comme des responsables de la fin de guerre au Japon, et jugés comme criminel de guerre classe A. Dans le shintoïsme, les esprits des gens qui sont morts deviennent kami, c'est donc comme si on déifiait ces gens-là et le fait d'aller prier devant ce temple c'est comme approuver leurs actes. A chaque fois qu'il y a des députés ou des Premier Ministres qui veulent se rendre dans ce temple cela fait beaucoup polémique et est très critiqué au niveau international.

     

    4.6 Les temples et les Japonais – au quotidien

    A quelles occasions est-ce que les Japonais se rendent au temple ?

    • Omiyamairi (お宮参り) → 神社(jinja), lorsqu'un bébé a 1 mois on va le présenter aux divinités Japonaises et sollicitent leur bienveillance.

    • Shichigosan (七五三) → 神社

    • Kekkonshiki (結婚式) / Konrei (婚礼) → 神社 (plus courant)・お寺

    • Ohakamairi (お墓参り) ← Ohigan (お彼岸): la période de 7 jours dont le milieu est le shunbun-no-hi (春分の日, jour d'équinoxe hivernal), ou le shûbun-no-hi (秋分の日, équinoxe d'automne) → お寺

    • Hatsumôde (初詣) → 神社・お寺, la première visite au temple bouddhiste.

    • Joya no kane (除夜の鐘) → 神社・お寺, les premiers coups de cloche, essentiellement dans les temples bouddhistes.

    • Et pendant les voyages touristiques, les Japonais visitent les temples pour apprécier l'architecture et l'ambiance de ces temples.

     

    Ce qu'il faut savoir pour une visite au temple

    神社 – Temple shintoïste

    1. Avancer dans 参道 (さんどう), la voie menant vers le honden (bâtiment principal) : éviter de passer au milieu ! C'est l'espace pour les divinités.

    2. Passer sous le Torii : se baisser légèrement.

    3. Purifier les mains et la bouche avec de l'eau.

    4. Se mettre devant le kami (bâtiment principal) : saluer légèrement.

    5. Donner le « osaisen » (de l'argent pour offrir au temple).

    6. 2拝 (salutation respectueuse) 2拍手 (taper dans les mains) 1拝, avec de grands gestes, doucement.

    7. « Faire une demande (de service) » en murmurant : nom, prénom et adresse, puis remercier le kami pour m'avoir reçu, et enfin la demande de service.

    8. Faire sonner les clochettes.

     

    お寺 – Temple bouddhiste

    1. Une courbette devant le portail.

    2. Purifier les mains et la bouche avec de l'eau.

    3. Purifier le corps avec de la fumée et de l'encens.

    4. 参拝 :Se baisser devant le bâtiment principal en mettant les mains ensemble devant le buste et baisser légèrement la tête. Ne pas frapper les mains.

     

    4.7 Pratiques éclectiques des Japonais

    Selon les statistiques de Bunka chô (Agence Nationale de la Culture) :

    En 2010 : Population totale : 127 000 000, dont le Shintoïsme 102 756 326, le Bouddhisme 84 652 539, Christianisme 2 773 096, Autres 9 453 317 (dont Islam : 120 000).
    Total : 199 617 278.

    → Vu les chiffres une grande partie de la population croit en les religions Shintoïstes et Bouddhistes à la fois.

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  • Chapitre 3

     Le Confucianisme儒教(じゅきょう)

     

    1 Les grandes lignes du Confucianisme

    Le Confucianisme a beaucoup inspiré le Japon et la Corée notamment. Il y a des économistes qui parlent de « pays confucianistes ».

     

    1.1 La vie de Confucius (孔子, こうし)

    Né en 551 ou 552 avant Jésus Christ dans le pays de Lu, en Chine. Il a eu une enfance difficile dans une famille peu aisée, et perd son père très jeune. A l'âge de 15 ans, il décide de s'établir grâce aux études, pour devenir un haut fonctionnaire. Il était brillant et ambitieux. Jusqu'à l'âge de 30 ans, il continue ses études tout en débutant sa carrière en gérant un grand domaine agricole.

    A l'âge de 36 ans, il trouve une mission pour un pays voisin, le pays Zhou, et revient à l'âge de 43 ans. A son retour, on se presse dans sa demeure pour lui demande conseil, et c'est comme ça qu'il se crée un cercle de disciples. Son but était d'intégrer le gouvernement, mais les autorités l'ignorent : Confucius se replie chez lui.

    A l'âge 52 ans, il réussit enfin ! Il est nommé gouverneur de la ville de Zhongdu, puis devient assistant du ministre des Travaux publics, et enfin à l'âge 54 ans devient Ministre de la Justice, puis Conseiller du gouvernement. Au sein du gouvernement, il lance un projet de réforme, mais c'est un échec : il démissionne et quitte le pays. Pour cet épisode, il existe plusieurs versions : certains disent que son projet n'a pas échoué mais qu'il a été forcé de partir. Pendant 14 ans il erre dans les pays voisins en cherchant à se faire embaucher, toujours dans la politique.

    A l'âge de 69 ans, il revient dans son pays natal : « Dès lors, il a compris : son exigence morale ne s'accordera jamais à la réalité politique du temps. Son royaume n'est pas de ce monde corrompu ; il renonce à briguer une quelconque charge. Il consacra son énergie à définir les notions qui lui tiennent à cœur et à les enseigner » (Confucius - Des mots en action, C. ELISSEEFF, Collection Découvertes Gallimard, 2003). Il se consacre à l'enseignement et devient le « Maître de 3000 disciples ». Il meurt à l'âge de 74 ans, en 479 avant Jésus Christ.

     

    1.2 Et un siècle plus tard...

    Confucius est divinisé, et son enseignement devient la religion officielle de l'Empire de Han en 136 avant Jésus Christ.

     

    1.3 Le Confucianisme est-il une religion ?

    Pour les Japonais, ça n'a jamais été une religion.

     

    1.4 Les principaux textes

    • « Les entretiens » (論語, ろんご) : recueil des paroles du Maître, écrits par ses disciples. Vers 100 avant Jésus Christ. C'est le texte de référence en matière de Confucianisme pour les Japonais. En Chine il y a eu un développement théorique plus important.

    • Et “四書五経, ししょ・ごきょう” : 5 ouvrages dits « édités par Confucius » sur la poésie, l'histoire, les pensées etc + 4 recueils de paroles des maîtres édités par les disciples.

    Au Japon, c'est avant tout Rongo qui est considéré comme texte de référence.

    Arrivé vers le début du 16e siècle, Rongo a été imposé aux samurai comme éthique de référence sous le Bakufu d'Edo → rôle souvent comparé à celui de la Bible (nouveau testament) dans la culture occidentale.

     

    1.5 L'arrivée du Confucianisme au Japon et son développement

    • 405 : une délégation coréenne apporte 11 textes Confucéens.

    • 6e siècle : la Cour impériale invite les théoriciens Confucéens de Chine.

      → Influences dans « la Constitution en 17 articles » du Prince Shôtoku.

    • Époque d'Edo : le Bakufu adopte le Confucianisme comme principes idéologiques et moraux des samurai : le respect, la fidélité, la loyauté, la modestie etc. Les citadins Japonais de l'époque d'Edo étaient assez cultivés, le niveau d'alphabétisation était élevé.

    • Après Meiji : la culture des samurai se répand largement dans la société ; forte influence au plan moral sur toute la société.

     

    1.6 Autres pays influencés par le Confucianisme

    → La Chine, la Corée et le Vietnam (colonisé par la Chine pendant 1000 ans à partir de 111 avant Jésus Christ). Les Vietnamiens ont ces notions de Confucianisme et culturellement parlant ils se comprennent bien avec les Japonais.

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